lundi 6 août 2012

Approche magique de l'agriculture

Lors de sa fondation, il n'était pas prévu que la Jérusalem des Terres Froides reproduise des textes tirés de livres. Un ou deux à l'occasion, lorsqu'il s'agit de propos jugés pertinents et incontournables, sans plus. Mais force est de constater que la JTF dispose de nombreux articles et passages intéressants dans son fond documentaire et elle a donc décidé de vous en partager encore quelques uns.

Ici, la JTF vous présente un court article sur une approche magique de l'agriculture. Il provient d'un livre qui, a priori, n'est pas du tout dans les sujets de la magie ou l'agriculture mais plutôt dans une dénonciation du tout-internet : L'Enfer du virtuel, de Sébastien Vaas, paru à Lausanne aux Éditions L'Âge d'Homme en 2009. Il s'agit d'un excellent ouvrage qui a fait prendre à la JTF conscience des dangers que fait peser l'internet sur les communications humaines. L'article qui est présenté ici est tiré d'un encadré de la page 106, où l'auteur donne un exemple de communication naturelle.

---Deux approches de l'agriculture---

L'auteur qui, selon moi, a le mieux compris ce qu'était l'essence de la Nature est Masanobu Fukuoka, un paysan japonais qui a pratiqué pendant 50 ans l'agriculture naturelle, c'est-à-dire une agriculture où on laisse le plus possible la Nature croître par elle-même, sans avoir recours à des engrais, des pesticides ni même au labourage.

Son approche est intéressante, car elle pousse à se mettre au service de la Nature, à l'écoute de la moindre de ses indications. Le dialogue ne peut être imaginaire. On sème les graines "aléatoirement" la première année puis, selon ce qui a poussé, on ajuste l'année d'après jusqu'à ce que chaque végétal pousse là où il doit pousser. Ce faisant, la terre s'est régénérée, labourée par toute la faune s'abritant dans le sol.

M. Fukuoka a beaucoup insisté sur le fait que ce qui compte, c'est ce travail d'écoute, qu'il n'y a pas de formule magique et que cette "méthode" ne fonctionne que s'il y a transformation du paysan. Autrement dit, le bon rendement de la culture n'est qu'un indicateur de la croissance intérieure - une symbiose s'est établie, telle que les scientifiques ne pourraient jamais l'imaginer.

Sans surprise, son message a été très peu compris. Il reste un idéal pour beaucoup, mais la plupart des personnes rejetant la barbarie de l'agriculture scientifique ont préféré se tourner vers la biodynamie anthroposophique où, par de multiples calculs astrologiques, il est possible de planter les graines au parfait moment et de s'assurer une croissance maximale.

Cela fonctionne : les fruits et les légumes sont plus gros et plus savoureux. Néanmoins, une question reste posée : en quoi cela a-t-il de l'importance, hormis le fait de manger mieux ? L'homme continue désespérément à mettre les résultats extérieurs avant sa propre vie intérieure. Il préfère calculer la position des astres, plutôt que de s'abandonner avec confiance à l'inconnu...

Est-ce de la peur ou de l'orgueil ?

Sébastien Vaas

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