mardi 26 mars 2013

Le sadisme soralien, Annie Lacroix-Riz et Adolf Hitler

Après le passage des loas du Vaudou avec 3 articles d'affilée, l'administrateur/modérateur de la Jérusalem des Terres Froides revient à sa guerre contre le soralisme. Comme à l'habitude quand il s'agit de ce sujet, cet article est rédigé à la première personne du singulier.

---

Elle est bien bonne celle-là. Non seulement je me sentais bien d'avoir changé de thématique pour ce blog, je m'étais bien juré de ne pas faire de critique de vidéos, et me voilà à écrire une critique sur la vidéo mensuelle d'Alain Soral de février 2013. Je n'avais pas envie d'en revenir si vite avec le « grand sheikh chauve » mais il me force la main car il touche à des sujets que j'avais moi-même l'intention d'aborder tôt ou tard. Alors, c'est parti pour une nouvelle tournée de Soral-bashing.

D'abord, je constate qu'avec son allure, en peignoir et avec cette voix qui cache un malaise certain, que «AS» semble aller en déclinant. Dans la biographie par Stéphane Million que j'ai repris ici, il est fait état d'un épisode de dépression et c'est peut-être ce à quoi nous assistons de nouveau actuellement.

Bien sûr, le peignoir, c'est pour le spectacle; pour laisser « inconsciemment » savoir à l'auditoire que le « virtuose du logos » est malade et qu'il doit se reposer. Surtout s'il a à justifier ce nouveau manquement à son rendez-vous mensuel. Mais malgré le calcul évident de la bande soralienne, le gourou montre tout de même de sérieux signes de fatigue et c'est peut-être la fin du parcours pour lui.

Ceci dit, il y a encore suffisamment d'énergie vitale chez l'homme pour faire de nouvelles attaques bêtes et gratuites autour de lui. Aujourd'hui, c'est son propre auditoire et Annie Lacroix-Riz. Avant d'aborder les attaques stupides qu'il a fait à l'historienne pour faire plaisir à la frange "national-socialiste" de son fan-club, remarquons que Soral, en parfait ingrat, s'en prend à son public qui voulait de lui une vidéo mensuelle "conventionnelle" et non sa publicité kontre-kulturelle. Ses vidéos mensuelles "conventionnelles" sont l'épine dorsale de toute son organisation (y compris ses PME) et monsieur est fâché parce que son auditoire répond : "présent". Il préfèrerait quoi, qu'il n'y ait aucune demande pour ses vidéos ? Je commence à croire qu'il y a une sorte de plaisir sadomasochiste entre le gourou Soral et son public : il les insulte et ils aiment ça, ils se réjouissent à toute nouvelle activité de Soral et ils l'appellent même "le patron" (voyez comment ce surnom revient souvent dans les commentaires d'E&R). Dans cette idée d'un "sadomasochisme soralien" s'inscrit également la remarque que j'ai fait à propos de "l'humour mortifère soralien", des "ferme-là physiquement à jamais" et des "Ils sont malades ? Qu'ils crèvent !", ainsi que le propos de l'orateur à la onzième minute dans cette vidéo de UWFRANCE sur Dailymotion (reprise par SoraloFolaso sur Youtube), où il est dit directement que Soral fonctionne sur le sadisme.

L'excuse de "Poupeto-c'est-moi" pour justifier sa publicité kontre-kulturelle plutôt qu'une vidéo "conventionnelle" est d'un ridicule consommé. Reprocher à son auditoire de vouloir faire dans la facilité du "spectacle" alors que tout chez Soral revient à une forme ou une autre de spectacle ou de publicité (y compris les infos relayées sur E&R), c'est fort. Le pire, c'est qu'il n'y a personne parmi les soraliens qui ait réagit à se faire lancer ça en pleine face. D'ailleurs, pour faire du "spectacle" dans sa promo kontre-kulturelle (qui reste plus longue que ses premiers entretiens vidéo mensuels), le "survivaliste marchand de pinard" n'a pas pu s'empêcher de faire dans son sadisme habituel et de se trouver un "con du mois" comme dans ses vidéos régulières. Son choix cette fois est un repli stratégique sur l'une des bases militantes d'E&R. Annie Lacroix-Riz est une proie facile pour le "mystique authentique"; il sait qu'elle ne daignera même pas lui répondre et que cela plaira à cette frange des soraliens qui sont proches de l'idéologie de The Savoisien, autrement dit, les sympathisants nationaux-socialistes (pour ne pas dire "la bande de nazis") qui fréquentent la maison. Annie Lacroix-Riz a osé toucher à un de leurs dogmes, "l'holodomor ukrainien", chère à ce groupe comme la Shoah peut l'être aux sionistes.

Autre indication de ce repli stratégique du "virtuose du logos" sur sa base "nationale-socialiste", l'arrivée d'Hervé Ryssen parmi les titres offert par la Kontre-Kulture. On sait que les deux lascars sont à couteaux tirés l'un contre l'autre, qu'on peut lire sur le net les critiques que Ryssen a fait à "l'homme de la pensée compliquée" et que ce dernier a qualifié l'autre de "petit épicier de l'antisémitisme". Mais pour se rapprocher de sa composante "nationale-socialiste" des adhérents d'E&R, Soral offre maintenant un titre de Ryssen dans sa PME plutôt que de lui tenir une attitude revancharde comme il le fait habituellement avec Michel Collon, Marc-Édouard Nabe et tous les autres. Un premier titre de Ryssen sur K-K, c'est la porte ouverte pour qu'il y ait d'autres titres bientôt offerts.

Soral ouvre les hostilités contre Lacroix-Riz en la qualifiant de "stalinienne". C'est assez marrant de la part de quelqu'un qui, juste à côté de son divan rouge, a la photo de profil du jeune Staline. Lui qui, il n'y a pas si longtemps, affirmait que l'homme d'État georgien avait "désenjuivé" l'URSS avec les "purges" des années 1936-1938 et qui refusait d'être un anti-Staline à tout crin comme le sont ceux qui tournent autour de The Savoisien. Lui qui est si prompt à qualifier ses opposants de "trotskystes". Lui qui a écrit un "petit éloge dialectique de Joseph Staline" dans son Abécédaire de la bêtise ambiante (Folio, p.260-261)...

Au fil de la vidéo, Soral nous parle de sa réédition de Francis Delaisi mais c'est presque une simple excuse pour pouvoir s'en prendre à répétition contre l'historienne. Il pourra toujours continuer ainsi pendant des heures, des jours, des mois que cela n'y changera rien : tout comme je l'avais dit pour Michel Collon, les livres d'Annie Lacroix-Riz seront davantage lu dans cinquante ans que ceux du "sociologue de la drague". Il est vrai que la madame n'est pas parfaite et elle n'a pas relevé le défi de Robert Faurisson à venir le contredire en débat courtois et loyal, mais il reste qu'en tant qu'historienne, elle a consulté, relevé et classifié des tas de documents historiques qui seront maintenant utilisables pour les prochaines générations de chercheurs qui lui succèderont. C'est un processus que l'amie de Soral, Marion Sigaut, connaît bien, c'est le travail de l'historien et il n'y a rien de tel dans "l'oeuvre" soralienne. Sans compter que la thèse générale de Lacroix-Riz, à savoir le choix d'une défaite pour expliquer ce qui a pu se passer en France au printemps 1940, tient bien la route, malgré tout ce qu'on peut dire sur le mythe de "l'holodomor".

On sait que les actualités relayés par E&R sont toujours sélectionnés et présentés pour mettre de l'avant l'idéologie du gourou. Et sporadiquement, E&R lance une "info" dans le seul but d'exciter telle ou telle frange de sa mouvance. Une fois, c'est sur le Vaudou pour faire rager les Chrétiens et Musulmans "chasseurs de sataniques", une autre fois c'est pour la vieille clientèle des misogynes depuis Sociologie de la drague et Vers la féminisation avec Ravage politique de la conne amoureuse, une troisième fois c'est avec la foudre sur le toit du Vatican pour satisfaire la clientèle obsédée de symbolismes ésotériques/religieux. Pour les soraliens "savoisianistes", ils ont eu la possibilité de se défouler sur les pages de commémoration de la bataille de Stalingrad (ici, ici et ici) et maintenant ils ont une nouvelle "faveur" du maître avec sa charge sur "l'odieuse qui a osé remettre en doute la Vérité Révélée de l'holodomor". Remarquez que Soral ne mentionne pas du tout cette vieille propagande de "génocide ukrainien" dans sa vidéo de février 2013 mais quiconque est le moindrement renseigné sait bien que c'est là que se trouve la motivation profonde de l'attaque contre l'historienne. Soral a décidé se positionner "pro-holodomor" dans une de ses vidéos mensuelles précédentes afin de rejoindre une partie du public de The Savoisien. Je précise "se positionner" car Soral n'a pas de positions personnelles, seulement des positionnement stratégiques pour toujours augmenter son auditoire tout en assurant la solidité de sa base.

Je m'étais dit que je laisserais passer le temps avant de revenir sur le soralisme mais je comptais écrire prochainement sur l'histoire de ce soi-disant "génocide ukrainien par la faim", un chantage victimaire dans le même style que la Shoah-business mais qui est fanatiquement supporté par les "naziolâtres" qui forment la nébuleuse "savoisianiste" et qui sont une partie de l'auditoire soralien (même si, officiellement, c'est l'hostilité affichée entre The Savoisien et E&R). D'ailleurs, l'un d'entre eux n'a pas pu s'empêcher d'exprimer sa "foi soralienne-nazi" dans le forum de la vidéo mensuelle : "Julien", que je cite : « Étant moi-même national-socialiste (Gauche du Travail et Droite des Valeurs) » (Les caractères gras proviennent de l'original). Éloquent.

À l'échelle réduite du Québec, il en existe quelques uns par ici de ces sympathisants nationaux-socialistes résolument exterminationnistes pour l'Ukraine du début des années 30. Il y a l'un des animateurs de la web-radio Les fils de la liberté que je me rappelle avoir déjà entendu en fin d'émission une véritable profession de foi savoisianiste, avec l'incontournable référence au prophète des savoisianistes, à savoir Alexandre Soljenitsyne, dont l'Archipel du Goulag mais surtout le Deux siècles ensembles sont des véritables textes sacrés révélés pour la clique, idéalisés au même point que les Évangiles pour un Chrétien, les Védas pour un Hindou ou la Torah pour un Juif (j'exagère à peine). Il y a aussi Francis Déry, actif sur les forums de Vigile, où dans une controverse avec Gabriel Proulx, nous donne tous les passages obligés de l'idéologie savoisianiste : "L’Union Soviétique a massacré beaucoup plus de populations que les Nazis", "1917 révolution khazare", "le massacre des révoltés de Kronstadt", "Lazar Kaganovitch a mis sa soeur dans le lit de Staline", "l'holodomor", etc. Dans ce cas-ci, je trouve les propos de Déry si caractéristiques de cette "secte" et si bien résumés et condensés que j'ai pris la peine d'imprimer l'échange sur papier et je le conserve dans mes dossiers.

Ça fait déjà un bon moment que je me dis que je devrais écrire sur le sujet des savoisianistes et autres idéalistes du 3ième Reich mais sans y trouver la motivation suffisante. Cette fois cependant, avec la charge de l'héritier auto-proclamé de Clouscard contre madame Lacroix-Riz, c'est lui qui m'y invite. J'aurai à revenir sur toute cette affaire de Soral et ses amis les savoisianistes mais pour l'heure, je puis déjà vous donner une référence qui invalide sans appel l'idée d'un "génocide ukrainien par la faim", l'ouvrage Fraud, Famine and Fascism. The Ukrainian Genocide Myth du canadien Douglas Tottle (Progress Books, 1987). Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, on peut retrouver une autre invalidation de "l'holocauste ukrainien" chez Ludo Martens au cinquième chapitre de son livre Un autre regard sur Staline (EPO 1994, p.109-127). Je devrai y revenir mais il faudra peut-être faire vite, car notre "boxeur dans la paix des opiacés" pourrait faire sa sortie de route plus rapidement qu'on ne le pense...

Charles Tremblay

NB : Je sais que Ludo Martens était un communiste belge mais il n'empêche que son point-de-vue sur l'Ukraine du début des années 30 est plus juste que celui des savoisianistes qui ne font que répéter les propagandes de l'homme du MI-5 dans les cercles historiques universitaires, Robert Conquest.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire