mardi 30 avril 2013

Les zombis sont parmi nous !



Zombis, zombis, zombis. Peut-on parler du Vaudou haïtien sans en arriver tôt ou tard à ces fameux "morts-vivants" ? Pas si on est pétri de culture occidentale de cinéma fantastique comme l'administrateur/modérateur de la Jérusalem des Terres Froides. Par hasard, il a été retrouvé hier un article de 2008, provenant d'un "blogspot" depuis les milieux haïtiens (Réseau Citadelle), qui traite des zombis. Cet article n'est pas à proprement parler contre la religion elle-même mais il condamne sans appel certaines pratiques criminelles camouflées sous un décor "vaudou". Il a été rédigé par Cyrus Sibert et il a reçu une réponse de Jean Erich René depuis Ottawa. Ce dernier ne fait pas que condamner les pratiques criminelles mentionnées par le premier; il attaque la religion vaudou dans son ensemble. Ceci dit, la JTF a décidé de reprendre les deux articles en question car bien que le responsable du site n'approuve pas les attaques anti-Vaudou et les amalgames/réductions avec les zombis (qu'elles proviennent d'Occidentaux ou d'Haïtiens), il trouve quand même ces deux textes fort intéressants.


---Incroyable mais vrai : zombies au Cap-Haïtien---


Par Cyrus Sibert depuis Cap-Haïtien
Paru sur le Réseau Citadelle le 12 juillet 2008


Cette femme s’appelle Ciliane. Elle est un zombie qui appartenait à Ti Boss un bocor de Port-Margot. Décédé récemment, ce dernier laisse comme héritage plus de 1000 zombies, c’est-à-dire des personnes qui après leur décès ont été récupérées par des magiciens du vodou pour servir comme esclaves dans les plantations agricoles.

Ciliane est décédée en 2005. Ce vendredi 11 juillet 2008 elle est retournée chez elle à Bande du Nord, section communale de la commune de Cap-Haïtien.

D’après ses témoignages, après sa mort, elle fut enlevée – ressuscitée - puis emmenée de force dans la cour du bocor Ti Boss. Elle y a passé trois années difficiles, travaillant chaque jour comme esclave. Elle a pu regagner sa maison familiale - d’avant son décès - parce que les enfants de Ti Boss n’ont pas voulu continuer les pratiques de leur père.

Elle a été identifiée puis accueillie par des membres de sa famille. Elle a revu ses deux enfants, sa mère et son mari. Elle réside actuellement à Fort-Bourgeois, un quartier de la Bande du Nord.

Etrange, drôle, incroyable, impensable, irréaliste, diront les esprits cartésiens et rationalistes. Toutefois, c’est un fait. Il y a eu procès-verbal de constat. Les autorités de la municipalité en sont témoins, le public aussi. Une foule immense avait accompagné la revenante.

De tels phénomènes devraient retenir l’attention des chercheurs scientifiques et les autorités judiciaires pour que la lumière soit définitivement faite sur de telles pratiques. Les ignorer c’est perpétuer des pratiques inhumaines constatées et vécues par toute la population.

Comment véhiculer des valeurs universelles du respect de la personne humaine quand la pensée populaire accepte qu’un citoyen – un bocor - puisse se déclarer tueur – empoisonneur- professionnel avec affiche de publicité pour promouvoir ses services lugubres ? Comment appeler les gens à combattre le kidnapping qui est l’apprivoisement d’un être humain, quand un homme ou une femme puisse s’arroger le droit de menacer, d’empoisonner et de tenir en otage et en esclavage ses semblables - qu’on appelle zombies, sans s’inquiéter d’une intervention de la puissance publique ?

Ces pratiques doivent être combattues et extirpées de l’imaginaire populaire. Donc, il revient aux chercheurs d’aborder cette problématique afin de la dépouiller de son caractère pseudo mystique, d’établir la vérité et de permettre aux législateurs, à la lumière des données scientifiques, d’adopter les lois appropriées pour un combat systématique et continu contre ces pratiques grotesques et barbares qui révoltent la conscience universelle.

Cyrus Sibert


---Vérités sur les zombis---

Par Jean-Érich René depuis Ottawa
Paru sur le Réseau Citadelle le 14 juillet 2008  

Le scandale de Ciliane, cette femme décédée en 2005 et qui a regagné ses pénates le vendredi 11 juillet à Bande du Nord, section communale de la commune de Cap-Haïtien, vient de relancer les débats sur les aspects ténébreux et mortifères du vaudou. Malheureusement bon nombre de nos compatriotes refusent d’en parler par crainte d’être ridiculisés. D’autres les classent dans un monde purement onirique, meublé de comptes pour satisfaire les esprits friands d’émotions fortes. Devant l’évidence des faits il faut se découvrir. Il ne s’agit pas d’un film monté dans les studios de Hollywood. Ciliane morte il y a 3 ans, aujourd’hui rejoint sa famille à Fort Bourgeois, par suite du décès du Houngan bien connu à Port-Margot sous le sobriquet de Ti Boss qui l’avait gardé en captivité pour profiter de sa force de travail avec 1000 autres esclaves clandestins libérés par ses fils. Nous en profitons pour placer la zombification dans son contexte historico-social et faire comprendre aux incrédules le danger qui les entoure.

La zombification n’est pas un épiphénomène c'est-à-dire un phénomène sans aucune importance. Elle a des retombées périphériques néfastes sur l’économie, la société et la politique nationale. Dans le cadre de cette analyse, à cause de l’ampleur du sujet, nous privilégions l’aspect économique. Nous avons déjà identifié les variables qui instrumentalisent le développement économique d’Haïti. Nous avons monté l’équation mathématique capable d’activer notre croissance en tenant compte de des paramètres nationaux. Après de multiples essais théoriques, les résultats sont probants. Mais nous nous heurtons à deux contraintes majeures: le créole et le vodou. Pour votre édification la plus complète posons la fonction mathématique de développement d’Haïti en ciblant l’année 2006:
V (2006) = N (2004)( 1 + Y)3/ T (2004) * 1-u / (1- l ) 3 +(K+ V)
ici 3 est un exposant

La première partie fonctionne à merveille puisque nous avons pu calculer les variations dues à la productivité du travail, le montant de l'aide extérieure nécessaire, le taux d'épargne nationale correspondant, la croissance éventuelle du Produit Intérieur Brut ou PIB. Nous avons résolu avec satisfaction les contraintes relatives à l'aide extérieure, à la productivité du travail, au taux d'épargne aussi bien que leurs effets combinés. Mais le créole symbolisé par (K) et le vodou par (V) constituent deux barrières infranchissables. Il faut les résoudre si on veut qu’Haïti participe au concert des Nations développées du monde.

Nous avons déjà engagé un débat assez houleux sur l’importance du créole comme langue de communication idéale pour la diffusion des concepts scientifiques qui doivent précéder l’ère du développement économique d’Haïti. Le vodou tel qu’il est pratiqué nous maintient encore dans les ornières du sous-développement. La zombification qui est très active en Haïti nous prouve que notre société est encore au stade moyenâgeux. Le cas de Ciliane est typique de ces phénomènes inexpliqués et non révélés qui rongent discrètement les assises de la société haïtienne.

C’est pourquoi nous recommandons fortement « La Nouvelle Donne » afin de sortir des sentiers battus. Il nous faut renoncer à la Culture Griot qui prône l’oralité et fait du Vodou une secte secrète et notre principale source de malheur. La dimension politique du vodou n’est pas à négliger puisque certains Présidents d’Haïti consultent les Houngans pour prendre le pouvoir. Ti Boss a été sollicité en maintes fois par nos Hommes d’Etat. La filiation vodou politique est une réalité nationale de tous les instants. Pour clarifier les données de la problématique et arriver à une solution optimale, nous vous invitons à partager les résultats de nos recherches effectuées au cours de ma carrière d’agronome dans nos communautés rurales.

Après un constat aussi choquant nous voulons rompre le silence complice de la Culture Griot qui a contribué à enterrer la Nation et nous militons pour La Nouvelle Donne en dévoilant certains secrets inutiles du vodou qui à ce point de vue ne font qu’endeuiller les familles et bloquer le développement économique d‘Haïti. Nous allons employer la pédagogie du dialogue pour vous permettre de bien comprendre la zombification et la solutionner le cas échéant en répondant aux questions suivantes : Qu’est-ce qu’un zombi? Comment les loups-garous tuent-ils leurs victimes ? Comment font-ils pour lever un mort ? Quelle est la solution à la zombification?

1.-Qu’est-ce qu’un zombi ?
Un zombi c’est un homme ou une femme dont le décès a été cliniquement constaté et dont les funérailles ont eu lieu au su et au vu de tout le monde. A la faveur de la nuit une bande de malfaiteurs nommés loups-garous, cassent la tombe, font sortir le cercueil et lèvent le mort. Il n’y a rien de mystique. C’est du vagabondage pur et simple. Un conteur (conducteur) l’enveloppe dans son linceul et le conduit chez un bòkò. En l’occurrence, Ti Boss de Port Margot qui le garde dans une maisonnette ordinairement appelée JWAL située dans un endroit hors de la vue des passants. Ces zombis seront loués aux cultivateurs, moyennant argent comptant, pour les travaux de sarclage, d’arrosage, etc.

2.- Comment les loups-garous tuent-ils leurs victimes ?
On évoque toutes sortes de maléfices tels que : une poupée que l’on pique au nom de la personne avec une aiguille, envoûtement, expédition, l’envoi d’un mort etc. que nous pouvons aisément vous expliquer dans d’autres articles sur le vaudou. Mais le cas le plus courant c’est l’empoisonnement. Il existe une plante en Haïti nommée : CONCOMBRE ZOMBI qui pousse avec luxuriance c’est à dire comme une herbe folle, partout en Haïti. Sur le plan botanique le CONCOMBRE ZOMBI dont le nom scientifique est : MOMORDICA ELATERUM appartient à la famille des CURCUBUTACEES. Elle contient une drogue puissante dont le principe actif est identifié sous le nom de : ELATERINE. Selon le Docteur René Toussaint qui a fait des recherches très poussées sur la zombification: « Le premier tour de l’opération zombi est en effet une intoxication dont la caractéristique essentielle est qu’elle permet d’induire un état de faiblesse tellement marqué que la victime évolue vers l’atonie musculaire. Les muscles volontaires encore appelés muscles de relation ou muscles de la vie sont sélectivement atteints tandis que les muscles lisses comme les muscles participant à la mécanique respiratoire, muscle cardiaque c'est-à-dire ceux dont la mobilisation est indépendante de la volonté du sujet sont touchés dans une moindre proportion. » Les battements du cœur que l’on considère comme signe de vie sont tellement faibles qu’on ne peut pas les entendre même avec un instrument acoustique comme le stéthoscope que possèdent nos médecins dans nos hôpitaux sous-équipés. Au dire du Docteur René Toussaint:«Il est presque certain que des techniques plus sophistiquées telles que : électroencéphalographie, électrocardiographie eussent révélé des signes de vie. » L’immobilité, la cessation des battements cardiaques, la disparition du pouls des signes ordinaires confirment la mort apparente du sujet. Il ne reste qu’à chanter ses funérailles. Les méchants sont très rusés.

3.- Comment font-ils pour lever un mort ?
Tous les maçons du cimetière, les gens qui baignent les morts aussi bien que les fossoyeurs font partie du cercle des loups-garous. Les croque-morts de nos morgues privées et de nos hôpitaux sont bien au courant. Ils peuvent identifier aisément les victimes des loups-garous mais ils observent scrupuleusement la loi du silence sous peine de mourir à leur tour.

Les maçons du cimetière ordinairement brassent un mortier maigre c'est-à-dire avec très peu de ciment. Le soir venu il est aisé de passer une truelle pour enlever les blocs qui avaient fermé la cave. Ils retirent le cercueil en l’inclinant la tête en bas afin de faire affluer le sang dans la tête du faux mort et irriguer à nouveau son cerveau. On enlève le mort du cercueil, on lui fait ingurgiter une potion faite de feuilles de concombre zombi trempées dans du clairin. On peut aussi parfumer le mort avec des feuilles de concombre zombi que l’on fait brûler. La fumée que respire le mort le remet en vie. Ensuite on frotte ses membres qui sont ankylosés c'est-à-dire après une journée passé dans le cercueil, il souffre de crampe. Donc on est obligé de masser ses membres en les frictionnant.

Le mort apparent une fois réveillé de sa léthargie, on lui fait prendre un bain d’eau froide pour retaper ses sens. On lui administre de violents coups de fouet, non par méchanceté, mais pour réveiller son système périphérique et réactiver ses muscles afin qu’il puisse marcher et se rende chez le Houngan, sous l’ordre du condeur (conducteur). Ordinairement avec une bande de tissu on lui serre les mâchoires afin de l’empêcher de crier. On enveloppe son corps avec un drap blanc pour empêcher aux couche-tard de le reconnaître. On passe une corde à sa taille pour mieux ajuster le drap afin de ne pas entraver sa marche. Le condeur tient l’autre bout de la corde. On attache ses deux bras en arrière ou bien encore ces deux pouces en avant afin de le déséquilibrer au cas où il tente de prendre la fuite. Avec les poings ou les pouces liés, il va tomber et devient facile à
rattraper.

4.- Quelle est la solution à la zombification ?
La diffusion de la connaissance transcendantale via Internet et d’autres moyens de communication est la méthode idéale pour combattre la zombification, ce fléau bi séculaire qui ronge la société haïtienne. Nous sommes victimes à la fois de la misère, de l’ignorance, de la jalousie, de la haine, de la méchanceté de nos compatriotes et de la démission de l’Etat haïtien. Nos prêtres et nos pasteurs au lieu d’essayer d’analyser le problème afin de trouver une solution appropriée préfèrent déchouquer leurs hounfors. Pourtant le mal est inscrit dans la mentalité de nos compatriotes. Les protestants parlent de satan qu’il faut combattre avec la prière. Les Catholiques invoquent aussi St Michel Archange. Il n’y a pas de prière dans la bible contre les vagabonds mais contre les esprits malins.
Jésus lui-même nous a donné l’exemple en prenant son bâton pour chasser les vendeurs du temple. Il n’avait pas prié son Père ! Donc pour combattre les malfaiteurs il faut bien connaître leurs trucs et les neutraliser par la ruse et la force.

Outre les fruits du Concombre Zombi que les loups-garous utilisent pour tuer les gens il y a encore les fleurs de la Digitale et les arêtes d’un poisson qu’on appelle FROUFROU. Ils ont aussi comme principe actif : L’ELATERINE. Le Docteur René Toussaint cite aussi la daturine, un alcaloïde puissant que renferment les graines de la Stramonine dont le nom scientifique est le Datura Stramonium appartenant à la famille des solanacées. La CHIMIE nous livre un produit efficace pour neutraliser ce poison : PILOCARPIL, en vente ordinairement dans toutes les pharmacies sous forme de goutte et de piqûre. On peut facilement identifier les morts apparentes en observant les yeux de la victime qui deviennent vitreux comme les rats empoisonnés. On lui met 3 gouttes de PILOCARPIL dans chaque œil ou bien on lui fait une injection. On va assister à sa réactivation cardiaque. Tout de suite après il faut déménager parce que la victime est vulnérable dans son milieu de vie. Il y a quelqu’un de son entourage qui lui a administré la potion à son insu. Il ou elle peut recommencer à tout moment. Le contact est indispensable mais il y a d’autres méthodes plus sophistiquées.

A cette phase des débats vous me classez carrément dans le cercle des loups garous puisque je connais leurs secrets ? Non, je ne suis pas haussé c'est-à-dire initié. J’étais choqué, dès mon jeune âge par la mort suspecte de certaines personnes qui me sont proches jusqu’au jour où j’ai failli tomber d’une crise cardiaque, en apercevant dans un champs de café que j’inspectais dans le Nord d’Haïti, l’un de mes anciens professeurs de mathématiques mort il y a 10 ans dans des conditions suspectes, pour avoir ravi dit-on la femme d’un ami. Et le cocu s’est vengé ! A ma vue il devient songeur. Je me suis vite retiré pour ne pas attirer l’attention de son propriétaire. Dès lors j’étais convaincu que la zombification est une réalité nationale. Nous devons épurer le vodou de ses gangues pour amorcer le développement économique d’Haïti. Le vodou est une contrainte majeure dans la fonction de développement économique d’Haïti. Tant et aussi longtemps qu’on n’arrive pas à résoudre la problématique du vaudou scientifiquement, Haïti demeurera un pays économiquement atrophié.

Au cours de mes pérégrinations dans nos communautés rurales, comme Agronome de terrain, je me suis mis à l’école de certains acteurs du vodou tant à Jérémie, à Jean Rabel dans le Nord’Ouest qu’aux Gonaives dans l’Artibonite et ses environs. Ils m’ont livré certains secrets moyennant certaines gratifications. Par bovarysme culturel nous nous penchons sur les sociétés européennes et américaines tandis que nous sommes victimes de la réalité nationale à cause de notre ignorance. Sans une épuration et une réglementation des pratiques du vodou, il n’y aura pas de développement économique d’Haïti. Ciliane n’est pas le dernier zombi. Ti Boss n’est pas le seul Houngan qui possède des zombis pour tirer ses rentes. Il en existe des milliers sur le territoire national. La parole est à Max Beauvoir récemment sacré Chef Suprême du Vodou et aux dirigeants politiques haïtiens.

A QUOI CELA SERT D'ACCUMULER AUTANT DE CONNAISSANCES ET DE RICHESSES AU COURS D'UNE VIE QUE NOUS ALLONS BIENTOT LAISSER SI NOUS NE POUVONS PAS AIDER NOS FRERES ET NOS SOEURS QUI SOUFFRENT.

Jean Erich René
Ottawa le 13 Juillet 2008

Réf : « De la mort à la vie. » Essai sur le phénomène de la Zombification en Haïti, Docteur René Toussaint,(Edition IFE , Toronto 1993) ISBN : 0-9698818-0-0 

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