jeudi 2 mai 2013

Une leçon d'histoire avec Marion Sigaut

L'administrateur/modérateur de la Jérusalem des Terres Froides met en application une leçon d'histoire qu'il a reçu de Marion Sigaut.

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Marion Sigaut l'a dit : "Il faut aller aux sources, il faut aller aux textes !". Très bien, qu'elle soit prise au mot.

Un Arabe dentiste marseillais qui réalise des vidéos sur internet, est-ce un objet historique légitime ? Est-il localisable dans l'espace-temps ? Oui. C'est donc un objet historique légitime et par conséquent, on peut y appliquer le conseil de l'historienne-maison d'E&R. Celui-ci réalise des vidéos, fait des conférences, a écrit un livre et dans toutes ses activités publiques, il se réfère abondamment, très abondamment, à René Guénon. Suivant donc le mot de madame, je vais aux textes et je constate que ce Guénon a écrit beaucoup de livres et beaucoup d'articles pour divers revues. J'ai même entre les mains un Index - Bibliographie de l'oeuvre de René Guénon, réalisé par André Désilets pour le compte des Presses de l'Université Laval (Collection Bibliothèque Philosophique, Québec, 1977, 183 p.). Je vais aux sources et je vois que Guénon, c'est ça, c'est une oeuvre.

Fort de ce constat, je reste fidèle au conseil de Marion et je cherche davantage dans les sources. Outre la découverte de la dimension de l'oeuvre guénonienne (selon wikipédia : 17 livres et 12 recueils posthumes d'articles), je vois qu'à par une ou deux exceptions, sur l'ensemble de tout ce qu'a écrit ce natif de Blois, notre "objet historique légitime" ne se réfère qu'à 4 titres : La crise du monde moderne, Le règne de la quantité et le signe des temps, Le théosophisme et L'erreur spirite. Déjà, à constater les textes, s'en limiter à 4 sur 17, c'est réducteur de toute une pensée. Qui plus est, ces 4 titres sont les 4 "coups de gueule" que Guénon a publié dans sa vie, entre deux réflexions sur la métaphysique orientale, Saint-Bernard, le Vedanta, le symbolisme de la croix, l'initiation et la réalisation spirituelle, etc. Ce n'est pas moi qui l'affirme, ce sont les sources historiques qui vont ainsi.

Je persiste à aller encore plus loin dans la direction indiquée par madame Sigaut et je suis bien obligé de me rendre compte que si je veux vérifier si oui ou non mon "objet historique" sait de quoi il parle lorsqu'il évoque Guénon, je me dois d'aller voir moi-même dans l'oeuvre en question. Ce n'est pas la mince affaire. Sur le plan général, on peut d'avance soupçonner qu'il ignore de quoi il parle; 4 livres sur 17, les chiffres s'expriment d'eux-mêmes. Mais il est possible que "l'objet" maîtrise bien les quelques inspirations qu'il a pris dans ces 4 ouvrages et par conséquent, le passage par les textes reste obligé.

La bonne nouvelle, c'est que quelqu'un d'autre a déjà fait un travail dans ce sens. Tagada, du "blogspot" Oeuvre de René Guénon, a fait des comparaisons entre les affirmations de notre "objet historique" et ce qu'a écrit Guénon. En lui-même, l'administrateur de ce site n'avance rien; il ne fait que rapporter ce qu'a dit notre cible et ce que l'on trouve à ce sujet dans l'oeuvre du traditionaliste. Ce "Tagada" connaît suffisamment bien l'ensemble du corpus pour trouver ce qu'il faut à de nombreux sujets; plus de 5 articles de son blog sont consacrés au reality-check de notre concerné (les 5 articles de juillet 2011).

J'invite les lecteurs de la Jérusalem des Terres Froides à se rendre sur le site Oeuvre de René Guénon constater par eux-même : vous aurez un excellent exemple de ce que veut dire l'historienne Marion Sigaut par "aller aux sources, aller aux textes". Au passage, parlant justement de "sources historiques", on peut obtenir par ce site les photos de la légendaire "danse cathartique des étrons" de Laurent James. Mais là, je n'irai pas plus loin pour l'instant, Laurent James est un cas lourd, vraiment très lourd.

Je finirai mon exercice historique avec madame Sigaut sur une note personnelle. À l'époque où j'ai écrit en polémique contre notre "objet historique" sur les forums d'E&R, en réplique à un commentaire où j'affirmais que notre concerné ne savait pas de quoi il parle quand il se réfère à Guénon, il me répond :
Tu n’as absolument rien compris de Guénon autrement tu ne parlerais pas d’Islam ou de christianisme. Guénon est au dessus des manifestations de la religion exotérique. Il est Traditionaliste donc Adamien. Adam notre père à tous n’a pas eu le Coran comme guide religieux puisqu’il n’avait pas besoin de cela, il avait Dieu en certitude dans le cœur : c’est le principe même de la dégénérescence...
Ma position guénonienne me cause plus de soucis qu’autre chose avec mes congénères... L’Islam moderne est plus exotérique qu’ésotérique et ça tu dois le savoir non ?!
Dernière chose : Tu es un menteur ! Guénon a condamné la FM et les textes sont nombreux, j’en cite un très clair et simple dans mes conférences dans lequel il parle de Copin-Albancelli et du danger de la FM et des supérieurs inconnus. Alors arrête de mentir car tu prouves par là ton ignorance de l’œuvre de Guénon.
Or, outre la réponse que je lui ai moi-même écrit en réaction de me faire traiter de menteur, Tagada lui a également répondu par rapport à ce que notre "objet historique" m'a écrit. À « Ma position guénonienne (...) tu dois le savoir non ?! », il présente toute une longue citation de Guénon tirée des Aperçus sur l'Initiation qui invalide le propos. Et pour l'ensemble de ce commentaire, Tagada lui répond avec trois extraits guénoniens, provenant d'Orient et Occident, L'ésotérisme de Dante et Symboles de la science sacrée. Plusieurs extraits tirés des sources, des textes, plutôt qu'un seul, c'est encore mieux, comme pourrait nous le confirmer notre historienne de formation.

Voilà ce qui clôt pour le moment notre leçon d'histoire avec Marion Sigaut. Cette leçon fut fructueuse et je vais tenter de l'intégrer en moi afin que les prochaines fois, je puisse m'en prévaloir pour jauger la pertinence de tel ou tel objet historique. Dans ce cas-ci, je suis bien obligé d'invalider l'idée que notre "objet historique" d'aujourd'hui s'y connaisse sur René Guénon. Bien qu'il soit possible d'aller encore plus loin dans les sources et les textes, ce que nous avons obtenu jusqu'à présent me semble suffisamment éloquent. Mais allez donc savoir si l'avenir ne nous trouvera-t-il pas quelques sources inédites pour une nouvelle évaluation...

Charles Tremblay

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