mardi 11 juin 2013

Les bahaïs lavent-ils plus blanc que blanc ?

Aujourd'hui dans son Iran-bashing régulier, La Presse nous présente les bahaïs, « minorité religieuse persécutée par le régime des mollahs ». Ça fait maintenant quelques années que l'administrateur de la Jérusalem des Terres Froides se pose des questions sur ce mouvement. Il existe un centre bahaï à Montréal sur l'Avenue des Pins entre les rues Saint-Denis et Saint-Laurent. Ce groupe a environ une centaine d'années, il est né en Iran et après les tribulations de son fondateur, son siège social se situe maintenant à Saint-Jean d'Acre en Palestine occupée.

Un bahaï que l'auteur de ces lignes a rencontré lui a expliqué que les membres n'adhèrent jamais aux partis politiques car ceux-ci représentent la division et l'affrontement. Il lui a dit également que le mouvement refusait les donations des non-membres et qu'il n'y avait aucun réel rituel commun, la prière de tous se faisant en privé. À part ce témoignage, il y eut également un article élogieux sur les bahaïs dans le Monde Diplomatique, La foi baha'ie contre les fanatismes, de William S. Hatcher, paru dans l'édition de juillet 1999 et dans le recueil bi-mensuel Manière de voir no.48, L'offensive des religions (nov-déc 1999, p.70-72). Cet article fut très apprécié par le mouvement, l'homme rencontré a remis à notre administrateur une copie de celui-ci. On remarque également qu'à l'intérieur-même de l'article, on y apprend par une note de bas de page (6) que M.Hatcher a déjà co-écrit un livre à la Maison d'éditions baha'ie, paru à Bruxelles en 1998, La foi baha'ie, l'émergence d'une religion mondiale.

Puis quelques temps plus tard, mais il y a de cela une bonne dizaine d'années, l'auteur de ces lignes a rencontré pendant une soirée un houngan vaudou haïtien en voyage au Québec pour un échange culturel. Celui-ci lui a raconté une drôle d'anecdote sur les bahaïs. Il a raconté que des membres sont venus à son hounfor en banlieue de Port-au-Prince pour des raisons de rapprochement et de dialogue entre les religions, celui-ci les a invité à une cérémonie le soir même, ces derniers ont participé et y ont eu vraiment beaucoup de plaisir, et qu'ils se sont fait chicané par leurs supérieurs le lendemain. Lorsqu'il en était rendu à ces supérieurs, notre houngan riait aux larmes, visiblement au souvenir d'un événement comique. L'administrateur de la JTF n'a jamais revu cet homme et bien sûr n'a jamais pu vérifier ses dires mais ça fait partie des expériences de Charles Tremblay avec le bahaïsme.

Depuis, il y a toute la prise de conscience de ce que signifie la Palestine occupée par l'entité sioniste. Les bahaïs ont leur siège social, la Maison universelle de Justice, au beau milieu de l'injustice la plus criante des 65 dernières années et il n'y a aucun souvenir chez l'auteur de ces lignes concernant une dénonciation rigoureuse de cet état de fait de la part du conseil des 9 qui dirige le mouvement.

Il y a l'historien des religions Arnold Toynbee qui avait dit du bahaïsme à Constantinople le 12 août 1959 : « La foi baha'ie est une religion indépendante, au même titre que le christianisme, l'islam et les autres grandes religions. Ce n'est pas une secte d'une autre religion; c'est une religion distincte qui a le même statut que les autres religions officielles ». L'administrateur a également un vague souvenir comme quoi Toynbee aurait dit que cette religion suivait exactement la voie des grandes religions monothéistes, ou quelque chose d'autre du même genre. Ceci dit, cet homme est un Britannique qui a travaillé pour le Foreign Office de son pays, c'est déjà assez pour le rendre très suspect de complicité avec le mondialisme et que son intérêt pour le bahaïsme ne soit pas gratuit et spontané.

Alors donc voici La Presse inconditionnellement atlantiste/sioniste qui nous parle de la « persécution » des bahaïs en Iran dans une époque où tout est fait en Occident pour trouver des défauts à ce pays. Dans l'absolu, il est possible que les autorités iraniennes soient effectivement injustes envers ce mouvement mais il faut rester conscient également de la perversité des mass-médias d'ici. Dans le cas qui nous occupe actuellement, cet article de Laura-Julie Perreault se situe dans l'offensive que lanceront les CNN, BBC, SRC and co. lors des prochaines élections iraniennes, où ils comptent refaire le coup de 2009 sur les soi-disants fraudes électorales et la prétendue répression sauvage des manifestations par le régime (le coup monté de toutes pièces appelé Neda). Notons également que l'article de la Perreault cite Human Rights Watch, une pseudo-ONG notoirement connue pour être sous contrôle de la CIA, avec le National Endowment for Democracy, le Albert Einstein Institute, l'Open Society de George Soros, Amnesty International, etc.

Plus le temps passe et plus le responsable du site se pose des questions sur cette « religion » qui semble laver plus blanc que blanc...

Bahaïs d'Iran : une minorité religieuse « blâmée pour tout »

Par Laura-Julie Perreault
Paru dans La Presse le 11 juin 2013

Lors des débats télévisés au cours desquels les huit candidats à la présidence iranienne se sont fait face, il a été question de nucléaire, de culture et même de droits de la personne. Mais un sujet est resté loin des échanges: le sort des bahaïs, la plus grande minorité religieuse de l'Iran.

Erfan* pensait que lui et sa famille avaient vécu toutes les humiliations possibles en Iran.

Son petit frère et sa cousine ont été expulsés de l'école secondaire. À 12 ans, il a dû écouter en silence un de ses enseignants raconter comment il avait agressé ses coreligionnaires. «Il disait avec fierté qu'il avait brûlé plusieurs mécréants à Yazd», raconte le jeune homme, rencontré dans un café montréalais.

À l'âge adulte, Erfan a perdu un emploi de dentiste, les autorités craignant qu'il utilise ses contacts avec ses patients pour les convertir.

Chaque fois, la même justification: Erfan et sa famille appartiennent à la plus grande minorité religieuse du pays, les bahaïs.

Un «culte» plutôt qu'une religion

On compte aujourd'hui en Iran entre 300 000 et 350 000 croyants de cette religion monothéiste. La République islamique, qui affirme tolérer les autres minorités religieuses, dont les chrétiens et les zoroastriens, n'a jamais caché son animosité à l'égard de la foi bahaïe, qu'elle considère comme un «culte» plutôt que comme une religion.

Depuis la révolution de 1979, les bahaïs voient leurs droits rétrécir comme peau de chagrin. Il leur est notamment interdit d'occuper des postes dans le gouvernement de la République islamique et quasiment impossible de compléter un diplôme universitaire, constate l'organisation Human Rights Watch.

«Après l'arrivée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, les choses se sont corsées davantage», note Erfan, qui pensait alors avoir tout vu. Il y a cinq ans, en mai 2008, les forces de l'ordre ont arrêté sept des leaders élus de la communauté bahaïe.

Condamnés à 20 ans de prison pour «propagande contre la République islamique», ils sont toujours derrière les barreaux, et ce, malgré les appels répétés de la communauté internationale.

En sécurité à Montréal

Erfan a lui-même passé une dizaine de jours en prison. «La personne qui m'interrogeait me disait qu'il était Dieu pour moi. Qu'il pouvait me garder en prison jusqu'à la fin de ma vie», raconte aujourd'hui le nouveau Montréalais qui, après avoir été libéré, a décidé de faire le voyage vers le Canada.

«Je me sens en sécurité ici, mais je me demande toujours ce que vivront les autres bahaïs. Une dizaine de mes amis sont en prison. En quittant l'Iran, je laisse le gouvernement mettre plus de pression sur ceux qui restent», confie le jeune homme, convaincu que l'objectif premier des autorités iraniennes et de voir les adeptes du bahaïsme boucler leurs valises.

Que changeront les élections pour les bahaïs d'Iran? Dans le meilleur des cas, pas grand-chose, note Erfan.

Faute d'espérer une amélioration, l'Iranien espère que la situation ne dégénérera pas, notamment si les jeunes manifestent comme en 2009 au lendemain des élections. «Quand il se passe quelque chose dans le pays, les bahaïs sont blâmés pour tout», dit-il.

* Pour des raisons de sécurité, le nom de la personne interviewée et certains détails à son sujet n'ayant aucun impact sur le sens de ses propos ont été modifiés.

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