mercredi 26 février 2014

La « magie égyptienne » de Katy Perry et le nom d'Allah

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides a vu le vidéoclip Dark Horse de Katy Perry. Il est au courant pour la controverse sur le « nom d'Allah » brûlé. Évidemment, beaucoup y voient là une attaque occulte contre l'Islam, un « coup des illuminatis (qui aiment tellement l'Égypte pharaonique) ». L'auteur de ce blog profite de sa tribune pour exprimer qu'il ne croit pas à cette histoire à savoir qu'on aurait consciemment voulu brûler le nom de Dieu en arabe. Il pense plutôt qu'il s'agit d'un mauvais choix d'accessoiriste qui n'avait jamais pensé aux retombées si importantes de son choix. Ce qui avait voulu être représenté dans le clip est une sorte de bédouin héroïque « plein aux as » qui cherche à impressionner avec son butin de guerre madame la croqueuse de diamants (ce qu'elle fait effectivement juste après l'avoir « asséché »), le « Allah » n'étant qu'un des nombreux colifichets à son cou. Et même que s'il a été brûlé volontairement, il n'y a toujours pas de blasphème car le message profond de l'histoire est que si tu es assez con pour tout miser sur les diamants et une femme, porter en vaine gloire le nom d'Allah à son cou ne te protègera pas des conséquences, fussent-elles celles d'une sorcière-pharaonne.

Puisqu'on y est, pour le reste du vidéoclip, votre serviteur estime qu'il n'y a pas là nécessairement la marque d'un super-groupe occulte de magie noire style « illuminatis ». Il a lu les paroles de la pièce et il s'est attardé sur les commentaires Youtube du vidéoclip pour trouver cette remarque suivante d'un certain « Tricob1974 » :

The lyrics in this song seemed very out-of-character regarding Katy, and then I realized that she probably represents an illegal drug in this song.  All it takes is one dose to get you hooked, and you're never the same again.  You start to lose grips with reality and the way it works.  You can even believe that you're totally in control, when it's actually the other way around.  Even some of the instrumentals suggest the illegal drug theme.  I can understand the confusion with what the song's about, though;  the lyrics don't illustrate the picture flawlessly.  I suspect some lyrics might have been changed at the request of the record label.

À bien y penser, votre serviteur est d'accord avec lui. À écouter les paroles sans les images du clip, on réalise que ça peut effectivement être les paroles d'une relation « amoureuse » entre un drogué et son « fix », ce qui explique mieux certaines références comme « Aphrodite » (alors que le clip est « égyptien ») ou Jeffrey Dahmer (référence justifiée lorsqu'il s'agit de la brutalité d'une intoxication dure mais qui n'a aucune cohérence dans la narrative visuelle du clip). « Je suis capable de tout », « fait de moi ton seul amour », « ne fait pas de moi ton ennemi », « alors tu as voulu jouer avec la magie », « il n'y a pas de retour possible », tout ça peut là aussi se rapporter à une relation entre un intoxiqué et sa substance. Même dans le clip lui-même, ces couleurs très voyantes, très chatoyantes « bonbon », ces hommes qui sont « asséchés » en une poudre brune qui évoque « l'héroïne », le dernier étant réduit à l'état d'animal, peuvent donner à penser à une histoire de drogue (sans oublier les « ailes d'anges » vers la fin pour atteindre le « ciel »).

Ceci dit, bien que les zozotériques anti-satanistes vous diront que tout est toujours calculé au quart de tour et qu'il n'y a jamais de hasard dans l'industrie de la musique, la JTF ne pense pas qu'il y avait un lien « pharaonique » dès le départ entre le moment où cette chanson a été écrite et la réalisation du vidéoclip. Et bien qu'il n'ait pas vu les clauses du contrat de madame Perry avec sa maison de disques, votre serviteur doute que notre jeune artiste puisse avoir un grand contrôle sur la production de ses vidéoclips. Quelqu'un qui est dans le domaine depuis longtemps, qui est propriétaire de ses droits d'auteur et maître de sa carrière comme David Bowie, alors là pas de doute, il est responsable de tout de A à Z, mais la petite Katy ? L'impression personnelle du responsable de la JTF, c'est que mademoiselle s'est occupée de sa chanson et plus tard un réalisateur de vidéoclips lui a dit « J'ai une vision pour ta chanson, je la voie dans une thématique d'Égypte ancienne et on pourrait t'habiller en Cléopâtre... », le producteur a embarqué dans l'idée et de fil en aiguille cela s'est bouclé avec ce que nous avons sous les yeux aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que l'Égypte antique revient toujours cycliquement à la mode, comme l'avait appris avec surprise les Bangles dans les années 80 avec leur désormais célèbre Walking like an Egyptian.

Après tout ce qui vient d'être avancé, la Jérusalem des Terres Froides ne tient pas non plus la position à savoir qu'il n'y a aucune « action occulte » dans ces vidéoclips en général. Nombreux sont les clips vus qui ont dégouté votre hôte par leur apologie de la violence et leur hypersexualisation. Et même quand ils sont « soft » ou qu'il n'y a aucune violence ni cul, ils sont toujours les produits d'une logique commerciale qui, d'une façon ou d'une autre, fait tout pourrir.

Finalement un dernier mot qui ne plairera pas à certains musulmans. Remarquons que si le personnage du clip avait porté le nom de Dieu mais en français, en chinois ou en sanskrit au lieu de l'arabe, combien parmi la « Oumma » se seraient levés pour dénoncer ce « scandale » ?

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