dimanche 9 février 2014

Le « satanisme » reproché à Jean-Paul Bourre par « le bon docteur Laïbi »

Le 23 janvier dernier, la Jérusalem des Terres Froides a publié un article sur l'irrationalité religieuse des soraliens avec toute la violence et l'agressivité qui en découle, Le sadisme anti-satanisme de la secte soralienne. Dans celui-ci, l'auteur y a évoqué un accrochage qu'il avait eu avec Salim Laïbi sur les forums d'E&R en 2011 à propos de l'auteur et animateur de radio Jean-Paul Bourre. Cet incident n'avait été que brièvement rapporté alors vu qu'il ne s'agissait que d'un point dans une démonstration du délire « satanique » soralien. Mais aujourd'hui, le responsable de ce site désire revenir précisément sur cette histoire et finalement sur tout ce qui concerne « Le Lard Porcin » envers Jean-Paul Bourre. En plus du petit compte personnel à régler avec le kabyle arrache-dents anti-moderne sur la question magique/ésotérique, Laurent James, dans sa propre défense contre les attaques ad hominem du même concerné, évoque lui-aussi les accusations de « saTÂNisme » portées contre Bourre (il faut savoir que James apprécie énormément Bourre, comme il l'a confié dans sa première conférence au Libre Teamspeak). Dans une tentative pathétique et dérisoire de se défendre contre la justesse des propos de « l'homme de l'eurasisme », Laïbi écrit une lettre où il évoque à nouveau le « saTÂNisme » de Bourre, avec sensiblement le même langage qu'à l'époque en 2011 (une lettre, pas une vidéo, ce qui donne à croire que le kabyle est réellement pris au dépourvu face à James). Ce retour du lieutenant de Soral sur « Bourre le vampire », « le sorcier noir sacrificateur », « l'agent du New Age saTÂNique », « le luciférien » amène votre serviteur à revenir lui-aussi sur la question et en terminer avec ce qui s'est produit en 2011.

Le samedi 21 mai 2011, Égalité et Réconciliation relayait une vidéo de Jean-Paul Bourre sous le titre : Affaire DSK, tout s'explique !. Dans le forum qui y est rattaché, le tout premier commentaire est la réaction viscérale et sans nuance (comme à son habitude) de Salim Laïbi (#16792) :

ça c’est Jean-Paul Bourre de "Radio Ici et Maintenant", c’est un sataniste de la pure espèce qui a pratiqué des rites ahurissants dans des cimetières la nuit avec offrandes sanguinolentes...
Il a écrit une flopée de livres médiocres sur la question : sorcellerie, magie, vampirisme...
Pas crédible...

Plusieurs personnes s'opposent alors à ce délire laïbesque dont votre serviteur. Celui-ci lui répond :

LLP est (...) profondément débile lorsqu’il parle de "sorcellerie". Jamais aucune vérification historique, que de grandes affirmations lancés tout à fait gratuitement et une méconnaissance grave du sujet. Outre sa très mauvaise vidéo sur la "sorcellerie des élites", un bel exemple ici avec la condamnation de Bourre comme sataniste sur la base... des titres de ses livres !
(...)
Je veux bien croire que la magie ou la sorcellerie ne sont pas des sciences exactes mais ce n’est pas une autorisation pour partir sur toutes sortes d’élucubrations. Et l’appartenance à une religion comme le Catholicisme ou l’Islam ne donne pas plus carte blanche pour écrire n’importe quoi sur la sorcellerie. 
Si LLP n’a pas la culture pour bien aborder la question des pratiques occultes de l’élite mondialiste, qu’il laisse le sujet à d’autres. Autrement, il ne fera que complexifier le problème et y jetant plus de confusion.

Il est à noter que le passage coupé ici est ce genre de « lèchecutage » que votre serviteur se sentait obligé de faire pour éviter d'avoir encore toute la meute enragée sur le dos car non, l'auteur de ces lignes n'a jamais trouvé « Le Lard Porcin » remarquable même lorsque celui-ci parle de la santé et des scandales pharmaceutiques. Les citations présentées jusqu'ici se retrouvent dans l'article du 23 janvier et nous arrivons maintenant à cette suite qui avait été laissé de côté la dernière fois. À ce que vous venez de lire, voici plus précisément quelle fût la réponse du « blédard guénolâtre » au responsable de la JTF  et à tous ceux qui ont contesté « le diagnostic du bon docteur Laïbi (#17002) :

Bonjour !
J’observe plusieurs critiques sur mes compétences en satanisme ! Certes j’en ai pas, pas de DEA ni aucun doctorat en découpage de nouveau-né fraichement déterré... Et tant mieux, ce n’est même pas dans mes projets.
Mais qu’elles sont vos compétences vous pour en parler ? Quand je dis vous je m’adresse à "Fan De Jean-Paul Bourre" et "Charles Tremblay". Vous connaissez quoi dans ce domaine éminemment spirituel ?!
"Sataniste et alors" me dit-il ?!! Ben rien, vivons avec des satanistes mais à ce moment ne critiquons plus DSK et ses frasques, les rituels pédophiles des élites et les sacrifices d’enfants que l’on connait que trop...
A la lecture de quelques ouvrages (en totalité pour des raisons de recherches) de M. Bourre je vous dis clairement que c’est de la mer.., mal écrit, noir, voire rouge sang et satanique.
Autre chose, faire un sacrifice rituel au Père Lachaise (ce qui est gravement ILLEGAL) avec des ossements humains (profanation) de tombes d’anciens satanistes... est grave, ce n’est pas folklorique, c’est DANGEREUX.
Aborder de surcroit la satanisme avec la raison positivisto-matérialiste est une impasse.
Toutes les traditions (même l’Islam) ont sombré dans le satanisme par certains de leurs membres. Le paganisme n’est pas la religion de l’Occident depuis des millénaires, il ne faut donc pas en parler comme une tradition vivante avec des centres spirituels forts. Il n’y a qu’à voir la dérive, je dirai même la chute honteuse d’un de ses représentants comme A. De Benoist (froussard vendu à l’empire en direct sous nos yeux dans CSOJ ou certains de ses écrits comme par hasard). Le paganisme a été remplacé par le christianisme comme à chaque fois qu’une tradition dégénère. Lire pour comprendre ce processus millénaire et universel les ouvrages de René Guénon ou de Julius Evola.
Le satanisme (son expression folklorique) n’est rien comparé à son projet initial. C’est une affaire bien trop sérieuse. Rien n’est plus grave et sérieux que cette affaire concernant l’Homme. RIEN. C’est une question de paradigme, encore et toujours.
@ Charles Tremblay : quand tu auras lu des centaines de livres sur la question (de traditions différentes) tu comprendras peut-être ce dont il est question. Pas avant, certainement pas.
Il ne vous reste plus qu’à vous procurer ses mauvais livres en occase et perdre votre temps à les lire comme je l’ai malheureusement perdu ainsi que bien d’autres plus sérieux.

Inutile de vous cacher que votre serviteur n'a pas apprécié de se faire dire qu'il « ne comprend rien à la question ». Encore aujourd'hui, il relit ce commentaire alors qu'il le copie-colle ici et en est encore troublé de constater l'effronterie et l'arrogance du gros kabyle qui au final, est vraiment celui qui ne comprend rien à rien en ésotérisme. À ce nouveau commentaire, « Dorpxam » enchaîne (#17031) :

Cette explication est plus satisfaisant même si je trouve que le "un sataniste de la pire espèce" initial est démesuré. Tu compare un petit larcineur de pomme à Bernard Madoff. Fait gaffe quand même, la radicalité même si elle est entièrement justifiée par de bon sentiments mène à l’Inquisition. Un certain Giordano Bruno (1548-1600) pourrait te l’expliquer mieux que moi. Tu connais bien cette histoire, il me semble que tu y fait allusion dans une de tes vidéos (d’ailleurs, on t’entends plus beaucoup ces derniers temps ?)

Ce qui lui vaut cette réponse de « l'arracheur de dents grand connaisseur en ésotérisme » (#17046) :

C’est qd même un sataniste qui a publié des dizaines d’ouvrages et qui a une émission radio "Ici et maintenant" dans laquelle il diffuse sa spiritualité dégénérée ! C’est une radio purement New Age qui est le bras armé flowerisé du satanisme moderne.
Ce n’est pas rien ! C’est de la propagande effective et bien réelle.

Et finalement, cette « discussion Jean-Paul Bourre » se termine par deux réponses au lieutenant de Soral. Celle de « Dorpxam » (#17085) :

@ LLP - Mon pauvre ami, tu dois être bien malheureux car permet moi de te dire que tout est sataniste dans ce bas monde alors. Je suis moins choqué par une mec comme JP Bourre qui, comme d’autres l’on bien dit, n’a pas tué personne ni agressé quiconque. C’est un allumé peut être.
Mais je suis plus choqué de me dire que nos enfants qui traversent le centre ville se trouvent confrontés à des images de gonzesses à poil une main sur le poitrine, un doigt dans la bouche (ou plus explicite). Voir les Une d’Entrevue ou similaire sur les présentoirs de librairie sur le trottoir.
Je suis d’accord avec toi sur bon nombre de sujet. Mais attaque toi plutôt au système qu’aux individus. Bourre ne fait pas partie de l’oligarchie mondialiste ou alors explique moi ?

Suivi de celle de Charles Tremblay (#17255) :

LLP m’écrit : « Vous connaissez quoi dans ce domaine éminemment spirituel ?! » pour ensuite me dire que je n’y comprends rien parce je n’aurais pas lu « des centaines de livres (de différentes traditions) sur le sujet ». Pire, je ne comprendrais peut-être toujours pas après ces lectures (une insulte gratuite à mon intelligence).
Ce que LLP semble ignorer, c’est que je les ai fait, ces "centaines" de lectures. Ayant fait mes études universitaires en histoire des religions et ayant travaillé cinq ans dans une librairie ésotérique, j’ai lu suffisamment sur la question pour n’avoir rien à envier à LLP. Je suis assez renseigné pour constater les amalgames, les conclusions hâtives et les erreurs historiques dans son discours anti-satanique.
Il est vrai que la « raison positivisto-matérialiste » a ses limites. Mais cela ne signifie pas qu’on puisse dire n’importe quoi pour autant et que la rigueur de la science historique n’est plus de mise. Confondre religion vaudou et sorcellerie n’est qu’un amalgame injustifiable (préjugé musulman anti-vaudou ?). Dire que Kadhafi est satanique parce qu’on a retrouvé quelques livres de kabbale dans une de ses demeures n’est qu’une conclusion hâtive. Décrire le New-Age comme le "bras armé du satanisme moderne" est réducteur et historiquement faux.
Je comprends et partage l’inquiétude du LLP sur la question des pratiques occultes de l’élite mondialiste. Mais LLP commet trop d’erreurs lorsqu’il parle de ce sujet, il semble ne pas être capable de garder son sang-froid et s’emballe pour un rien. Malgré ses prétentions, il est très mal renseigné et semble s’être surtout attaché aux publications sensationnalistes sur le sujet. Dommage car tout cela ne nuit pas à l’Empire, au contraire.
N.B. Je critique LLP dans les erreurs grossières de sa croisade anti-satanique mais je ne prends pas la défense de Bourre pour autant (que j’ai toujours trouvé trop "show-off" à mon gout).

Après ça « Llp » n'a pas insisté. À la lecture de sa réponse à Laurent James, on voit qu'il n'a aucunement changé d'idée par rapport à Bourre. Même que si Laïbi, à son second commentaire, se montrait plus relatif (« c’est de la mer.., mal écrit, noir, voire rouge sang et satanique »), dans sa réponse au lecteur de Parvulesco, il revient avec « sataniste fini ».

Dans ce même second commentaire, le « dentiste anti-satanistes » évoque le sacrifice rituel qu'avait Jean-Paul Bourre de nuit au cimetière Père-Lachaise pour les caméras d'Antenne 2. Depuis cette époque et encore aujourd'hui, l'auteur de ces lignes soupçonne Laïbi de ne connaître de Bourre, à part un survol rapide de ses plus vieux livres, que ce qu'il a lu dans l'Enquête sur l'existence des anges rebelles d'Édouard Brasey où ce dernier raconte sa rencontre avec l'ex-Témoin de Lucifer (J'ai Lu, 1995, p.103-108). Afin de prendre au piège le « docteur grotesque » dans ses citations anti-sataniques sur l'animateur-radio d'Ici et Maintenant, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides a décidé de vous présenter ici l'extrait en question, que vous retrouverez à la toute fin de l'article. Votre serviteur estime que c'est très révélateur des procédés de Laïbi bien qu'en réalité, pas besoin d'en rajouter, le fouille-merde pour Soral est déjà très largement discrédité.

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Comme vous pouvez le constater, parce que Bourre a égorgé des poulets dans des cimetières et qu'il a prononcé des noms réprouvés par les mythologies islamo-chrétiennes, Laïbi le considère comme un « saTÂNiste fini ». Il y a pourtant des gens qui ont commis des actes infiniment pires. Pendant la guerre dans les années 40, il y a eu en Biélorussie, en Ukraine, en Russie des troupes nazis qui ont raflés des villages entiers pour enfermer leurs habitants dans l'église locale et y foutre le feu, sortant l'alcool et se faisant une petite fête entre amis en regardant ce « feu de joie » (vous en avez une bonne illustration à la fin du film Viens et regarde d'Elem Klimov, 1984). L'auteur de ces lignes ne sait pas trop c'est quoi le « satanisme » mais quand même, il semble que ce dernier cas mérite infiniment plus le qualificatif de « sataniste fini » qu'un « trip » d'adolescence dans des cimetières, même si au niveau sanitaire, y égorger des poulets n'est pas la chose la plus intelligente. Et il ne faut pas dire que ça n'a pas d'importance. Le principe de justice veut qu'aux accusations les plus graves, elles se doivent d'être les plus précises possible. Pas un mot-foutoir comme « satanisme » où on y mélange tout ce qui relève de l'ésotérisme, des superstitions sur la magie, des massacres de guerres de par le monde, de la violence faite aux enfants et des élucubrations islamo-chrétiennes sur la « démonologie » et le « paganisme » (sans y oublier la finance juive, pendant qu'on y est !). Déjà là. c'est accablant pour le « Llp ».

Il y a encore plus grave. Laïbi accuse Bourre d'être un « saTÂNiste » fini en raison d'un rituel avec sacrifice de poulet que Bourre a voulu faire pour impressionner les massmédias il y a de ça près de 35 ans. C'est une chose. Mais dans l'extrait du livre de Brasey, le passage sur Bourre se termine sur le retour au christianisme de ce dernier. Ce passage, votre serviteur refuse de croire que Salim Laïbi ne l'a pas lu. L'auteur de ces lignes est convaincu que le lieutenant de Soral l'a lu mais l'a rapidement laissé de côté car cela ne convenait pas à son discours « anti-saTÂNisme » qu'il était entrain de se construire sous prétexte de « recherches dans l'ésotérisme ». En 2011, Charles Tremblay n'avait peut-être pas fait ces « centaines de lectures (toutes traditions) » mais il avait lu ce passage de l'Enquête sur l'existence des anges rebelles et savait bien de fait que les histoires de « sataniste fini » de Laïbi ne pouvaient qu'être des conneries.

Il est à noter que ce retour au christianisme de Bourre aurait dû faire surgir dans l'esprit de Laïbi ces cas qu'il connaît de « "satanistes" vrais qui se sont rapproché de leur religion chrétienne après le réveil aux réalités de ce monde », tel qu'il l'a écrit lui-même dans sa défense de Laurent James sur le forum de Novus Ordo Seclorum le 11 juin 2011 (repris ici à l'article sur le décès de Sylvie Simon). Mais bon, on connaît l'expression : « Qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage ». Surtout que le dentiste kabyle, au sein de la bande des zigotos du soralisme, n'a que ses discours « ésotériques » anti-satanisme anti-sorcellerie pour se démarquer des autres et se faire son propre fond de commerce. C'est pourquoi il insiste tant pour dire que les autres n'ont pas le niveau pour parler de ces choses-là, qu'ils sont des « bleus ». C'est pourquoi il insistera toujours pour dire que Bourre est l'un des pires individus qui puisse exister.

Salim Laïbi se targue de s'y connaître en ésotérisme suite à ses lectures mais même sans avoir le livre de Brasey entre les mains, il est facile de constater que l'accusation de « saTÂNisme » contre Bourre est injustifiée. Les lecteurs de ces lignes n'ont qu'à se rendre sur Dailymotion écouter l'entrevue qu'il a donné et titré Paganisme et résistance identitaire. À l'écouter, avec son « paganisme enraciné », avec des ex-votos retrouvés dans son puit, son désir de retrouver son héritage gaulois et celtique sans pour autant aller brûler des églises comme cela s'est vu en Norvège, on réalise rapidement que l'auteur de Sorcières d'hier et d'aujourd'hui n'a rien à voir avec un « saTÂNiste fini ». Même que dans cette émission, on pose à Bourre la question de ce qu'il pense aujourd'hui de la wicca, du luciférisme, du gothisme et tout ce genre de chose et il répond directement que c'est de la merde. Est-ce une réponse de « saTÂNiste fini », ça ? Personnellement, l'auteur de ces lignes regrette un peu cette réponse de Bourre car ces « wicca » , « lucifériens » et autres « gothiques » sont quand même ceux qui lui ont permis de se rendre là où il est aujourd'hui. C'est un peu ingrat de sa part de leur cracher dessus à présent, lui qui a écrit en tant que connaisseur du gothisme dans le collectif Goth : Le romantisme noir de Beaudelaire à Marilyn Manson en 2005.

Votre serviteur a recopié les passages de son accrochage avec « Llp » en 2011 pour « vider la question » mais il réalise à présent que son article est déjà long avec la citation du livre de Brasey, il s'arrêtera donc ici pour l'heure. Comme d'habitude, « il y en a encore tellement à dire » et il faudra y revenir, tant et aussi longtemps que le soralisme cherchera à s'étendre comme un nouveau mondialisme. Terminons en mentionnant que dans l'extrait ci-dessous, il y a une mention de la « quête pour la chaîne vampirique » de la sorcière Hécate, la même qui voulait aller passer une nuit au mausolée de Maria de Naglowska au Père-Lachaise et qui a aujourd'hui un cabinet de consultation à Paris.


---Enquête sur l'existence des anges rebelles : Jean-Paul Bourre---


La messe rouge du Père-Lachaise

Par une froide nuit de janvier 1980, le cimetière du Père-Lachaise servit de décor à une authentique « messe rouge », rituel sanglant impliquant un sacrifice animal. Il y en eut sans doute bien d'autres, mais celle-ci eut l'honneur d'être filmée par les caméras d'Antenne 2 grâce aux soins du réalisateur Allain Bougrain-Dubourg, pour les besoins de l'émission « Mi-fugue mi-raison » consacrée à la parapsychologie. Toutefois, les téléspectateurs avides de sensations fortes regrettèrent une fois de plus le paiement de leur redevance. En effet, la mairie de Paris interdit au dernier moment la diffusion de ce reportage, aux motifs qu'il aurait pu choquer les âmes sensibles et encourager les autres à commettre des sacrilèges et des violations de sépultures.

La presse de l'époque en fit des gorges chaudes : « J'irai tourner sur vos tombes » ; « La Messe Rouge ! », titrait France-Soir. « Les téléspectateurs ne verront pas la Messe Rouge filmée par Antenne 2 au cimetière du Père-Lachaise - Une exclusivité censurée - Les folles nuits du Père-Lachaise », renchérissait Le Quotidien de Paris. Dans Paris-Match, Jean Cau, qui avait assisté à la cérémonie, s'exclamait : « C'était fou, mais la beauté violée par la folie, était heureuse, et j'en témoigne... »

A défaut d'images télévisées, de nombreuses photos furent publiées dans les journaux. Sur l'une d'entre elles, on voyait des conjurés, enveloppés dans de larges capes noires et le visage dissimulé sous une cagoule, agglutinés autour d'une tombe sur laquelle avaient été disposés des cierges et un drap noir couvert d'inscriptions kabbalistiques : Ausoï, Uliro, Orilu, Sisis. Sur une autre, le Grand Prêtre, barbu, aux longs cheveux bruns et au regard voilé d'un loup de velour, buvait le sang d'un coq fraîchement égorgé en lui suçant la carotide !

Ce Grand Prêtre était Jean-Paul Bourre, écrivain luciférien et apôtre du « Romantisme noir ». Il rapporte son aventure au Père-Lachaise dans certains des nombreux ouvrages qu'il a consacrés au vampirisme et au luciférisme (1). Il raconte ainsi comment il est allé prélever de la terre dans les ruines du tombeau de Dracula, dans l'île de Snagov, en Roumanie, pour la disperser au fond d'une crypte du Père-Lachaise afin d'y pratiquer des opérations de nécromancie, notamment cette fameuse « messe rouge ».

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Sur le catafalque de pierre sont posés le drap de soie noire, le calice d'or rempli d'ossements humains, le poignard du sacrifice, le pentagramme d'invocation et le grimoire servant à l'appel des divinités noires. Tout est prêt pour le sacrifice. Bourre savoure déjà « l'appel aux puissances, la réconciliation de l'homme avec la peur, la fascination des Ténèbres dont la beauté a été oubliée par l'homme de la multitude ».

Il s'écrit :

- Seigneur de la Mort et de la Résurrection, Seigneur dispensateur de vie, toi dont le nom est le mystère des mystères... descends dans ton serviteur qui célèbre ton culte ! Lucifer, Léviathan, Satan, Bélial... recevez ce sacrifice !

Bourre lève son poignard magique, tandis que, dans le calice d'or, les os broyés en poudre se consument avec des pastilles d'encens, répandant une puanteur insoutenable. Il exhorte à nouveau le prince des Ténèbres :

- Lucifer, sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ? « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, as-tu dit. Je lui donnerai pouvoir sur les vivants et les morts. » Comme tu me l'as promis, je viens réclamer ce pouvoir, pour celui qui siège sur la montagne du Plus-Lointain Minuit et dont l'esprit demeure dans cette terre consacrée, par celui qui commande aux loups et aux chauves-souris, Fais que son esprit pénètre dans ce lieu et l'arrache à la mort.

D'une main puissante, gantée de cuir noir, Bourre maintient le coq sur le catafalque, tandis que l'autre, armée du poignard, est toujours levée. Le coq, hypnotisé par la flamme du cierge qui brûle devant lui, cesse de se débattre. Bourre continue à évoquer l'esprit de Dracula. A travers ce sacrifice sanglant, il cherche en effet à rejoindre la chaîne vampirique : quiconque en fait partie accède à la vie éternelle. Il hurle :

- Seigneur ! Tu désires le sang et tu apportes aux mortels l'épouvante. Reçois à nouveau ce sang qui donne la vie !

Le poignard s'abat. La bête est décapitée du premier coup. Sa tête roule sur la pierre et le sang coule. Bourre brandit la dépouille au-dessus de la tombe ouverte :

- Ange plein de Ténèbres ! Je bois le sang de tes treize plaies !

Le voici qui aspire goulûment le sang noir qui lui tombe sur la barbe, sur les mains, sur la cape, avant de se mêler à la terre du vampire, importée du tombeau du prince Dracula. Le sacrificateur laisse retomber l'animal au fond de la tombe sur laquelle il se penche pour poursuivre ses évocations diaboliques :

- Esprit de l'Ombre, toi qui repose dans cette terre, viens à nous avec ton amour, ta souffrance et ton sacrifice. Que ton ancienne entre en nous et parle par ma bouche. Montre-nous ta réalité, afin que nous puissions croire à la puissance de la volonté sur la mort.

La cérémonie s'achève. Les conjurés en cagoule noire n'ont plus qu'à plier bagage, tandis que les journalistes d'Antenne 2 se hâtent d'aller monter ce reportage exclusif qui ne verra jamais le jour.

Si elle ne fut jamais diffusée, la messe rouge du Père-Lachaise fit pourtant un joli scandale chez les bonnes gens qui se crurent revenus brusquement aux temps de l'obscurantisme. Et Jean-Paul Bourre de conclure :
« Rares furent ceux qui comprirent du regard le luxe d'un cimetière à minuit, le privilège d'être seul, au fond d'une crypte où dort la poussière des siècles, à l'heure où l'homme ronfle au rythme d'un réveil-matin. Rares furent ceux qui comprirent les noces de l'homme et de la nuit dans ces chambres de pierre, belles comme les temples des cités mortes que l'homme découvre derrière la fièvre. Folie ! Fièvre ! Splendeur d'une solitude imprenable, plus haute que les murs les plus hauts d'un cimetière ! » (2)

Jean Cau, dans Paris-Match, faisait écho à ce lyrisme de l'ombre. Après avoir suivi toute une nuit Jean-Paul Bourre et ses Témoins de Lucifer dans leurs rituels sanglants, il exprimait à ses lecteurs son enthousiasme :

« Et alors, figurez-vous, ce fut extraordinairement beau. Brusquement, surgie je ne sais d'où, une beauté sacrée avait surgi de terre, une beauté était au rendez-vous de la malédiction et de la folie et doucement m'étreignait. J'étais figé. Je regardais. Tout, soudain - la nuit, les tombes, les silhouettes raides des officiants, les flammes affolées des bougies, cette bête pantelante entre les mains noires sur les dalles, cette tache rouge de l'hostie, ce long ululement de chien, là-bas -, tout était complice d'une beauté perdue et d'une grandeur damnée. Et un ange aux ailes lourdes volait au-dessus des tombes oubliées... Et les visages tremblent, éclairés en contreplongée par la flamme des cierges ; les croix, on dirait qu'elles se tordent et flambent sur toutes les tombes ; la terre, on dirait qu'elle est chaude sous les pieds ; le chien, là-bas, on dirait qu'il écoute et qu'il est dompté. Une fille encagoulée vacille et gémit. Un acolyte la soutient et l'enveloppe dans sa cape d'enterrement, comme dans une aile noire. » (3)

Congrès luciférien et réunion de vampires

Deux ans après sa messe rouge, Jean-Paul Bourre organisa, en compagnie du sorcier Octave Sieber, le premier Congrès européen des lucifériens à Paris, qui fut interrompu le deuxième jour... par plusieurs dizaines de représentants de la S.P.A. et de la Ligue contre la vivisection qui accusèrent les lucifériens de sacrifier des animaux et pillèrent la salle aux cris de « Suppôts de Satan, assassins ! » (4) 

Parmi les amateurs de sorcellerie ou de mascarades diaboliques, ce Congrès avait attiré quelques sommités du luciférisme, notamment la sorcière et médium Catherine Lysa, que nous rencontreront plus loin, et le « vampire » anglais David Farrant, inculpé plusieurs fois pour viol et profanation de sépulture, célébration de rites sataniques et détention d'armes.

Se trouvait là également la future sorcière luciférienne Hécate, accompagné d'un ami, Jean-Marie. Tous deux cherchaient à intégrer la « chaîne vampirique », en multipliant les rituels destinés à les relier à leur « maître-vampire », à savoir un être ayant dépassé la mort et vivant éternellement grâce aux rites de sang. Leur modèle était le prince Vlad de Valachie (1431-1476), dit Vlad Tepes, dit l'Empaleur, dit le Diable, dit Dracula, membre de l'ordre du Dragon renversé, grand pourfendeur de Turcs, et modèle historique du célèbre Dracula de Bram Stoker.

Quelques mois plus tard, cette quête vampirique a conduit Jean-Marie à la mort volontaire. Hécate, elle, a préféré demeurer sur cette rive de la vie. En dix ans, elle s'est imposée comme l'une des sorcières lucifériennes les plus recherchées. Après avoir longtemps consulté à Neuilly, elle accueille aujourd'hui ses clients dans un vaste cabinet situé dans le XVIe arrondissement parisien, entièrement décoré de diables et de symboles rituels. Mais, elle n'a pas abandonné le projet de renouer avec la « chaîne vampirique ». Avec Jacques, son mari, elle s'est rendue à Venise en septembre 1994, sur les traces d'un antiquaire « vampire » qui y aurait vécu jusqu'à ces dernières années avant de s'évanouir en fumée. Mais le voyage n'a rien donné. A son retour, elle m'a confié :

- Cela fait quinze ans que je cherche mon « maître-vampire ». et je ne l'ai toujours pas trouvé. Avec Jacques, nous avons suivi toutes les filières vampiriques révélées par Jean-Paul Bourre dans ses livres. En France, en Roumanie, à Venise. Mais il y a toujours un moment où le fil s'interrompt...

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Aujourd'hui, quinze ans après la messe rouge du Père-Lachaise, treize ans après le Congrès luciférien, Jean-Paul Bourre a totalement abandonné ses références lucifériennes et s'est débarrassé de sa panoplie de sorcier, à l'exclusion d'un poignard magique, au manche orné d'un bouc satanique aux yeux de sang et à la lame couverte de runes sacrées, qui appartenait à Jean-Marie, son ami suicidé, et qu'il conserve en souvenir. Chez l'ex-Grand Prêtre des Témoins de Lucifer, parmi les multiples rayonnages de livres, les objets les plus inquiétants sont des soldats de plomb qui simulent un combat. Le sol n'est pas jonché de crânes humains ou de dépouilles de coqs noirs, mais de ballons et de peluches avec lesquels jouent ses deux jeunes enfants. Sur une étagère, un Christ en croix. L'apôtre de Lucifer est-il revenu dans le giron de l'Eglise ?

- Je n'ai jamais cessé d'être chrétien, me répond-il avec conviction. Avant d'égorger des poulets dans les cimetières, j'avais passé cinq mois chez les Trappistes. Je souhaitais devenir moine. Mais mon esprit frondeur me poussait à cacher des ouvrages de magie noire sous l'autel où se disait la messe... J'ai toujours aimé dynamiter les conventions, les idées reçues, les dogmes, la bigoterie. A travers les rituels de sang, je voulais sans doute provoquer le bourgeois, mais je cherchais surtout à me confronter à ma propre mort, et à exorciser ma peur. Aujourd'hui, je le fais d'une autre manière, par exemple en allant observer de près ce qu'est la guerre dans l'ex-Yougoslavie. La seule chose qui m'intéresse, c'est de traquer le sentiment du sacré qui se cache derrière les rituels liés à la mort : la guerre, les sacrifices, les funérailles, les expériences aux frontières de la mort... (5)


Édouard Brasey

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1: Jean-Paul Bourre, Messes rouges et romantisme noir, Editions Alain Lefeuvre, 1980, et Le sang, la mort et le diable, Henri Veyrier, 1985.

2 : Jean-Paul Bourre, Messes rouges et romantisme noir, op. cit.

3 : Jean Cau, « Ma nuit avec les Témoins de Lucifer », Paris-Match du 25 janvier 1980.

4 : Cf. Le matin de Paris Magazine, 6 mars 1982.

5 : Jean-Paul Bourre s'est posé récemment la question de l' « après-mort » dans Voyage au centre de la vie, Robert Laffont, collection « Les Enigmes de l'univers », 1993

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