jeudi 10 avril 2014

Un article surprenant sur Peaches Geldof et Aleister Crowley

Surprenant ! Un article issu des massmédias à propos du décès de Peaches Geldof qui ne fait pas dans le Crowley-bashing, la chronique Dark Zone du Paris Match. Une telle curiosité ne pouvait pas être laissé de côté par la Jérusalem des Terres Froides. La chronique se présente ainsi :

Dark Zone n’a d’autre ambition que de collecter ces incidents étranges qui passent presque toujours à travers les mailles trop larges du filet de l'actualité. Qu’ils soient authentiques ou non importe peu. Ils constituent une part précieuse du folklore contemporain, nourrissent les mythes souterrains de notre modernité et dessinent une Zone Obscure qu'il n'est pas interdit d'arpenter...

 ---Peaches Geldof et Aleister Crowley. Le mage et la it girl---
 
 
Par David Ramasseul
Pour la chronique Dark Zone du Paris Match
Le 10 avril 2014
Rajout d'un hyperlien par la Jérusalem des Terres Froides


Le Daily Mail dévoile une facette étrange de la vie de Peaches Geldof : sa fascination pour un personnage légendaire de l’occultisme du début du XXe siècle, Aleister Crowley. La jeune femme, dont le décès est toujours inexpliqué, s’était prise de passion pour le mage, personnage excentrique et attachant malgré le parfum de souffre et scandale qui, des années après sa mort en 1947, continue de l’entourer.


« C’était un magnifique écrivain et penseur » avait-elle tweeté après avoir lu « Magick », l’un de ses livres les plus connus et l’un des rares traduits en français.

Il y développe sa célèbre formule « Fais ce que tu veux sera le tout de la loi », librement inspiré du « fais ce que voudras » de Rabelais, devise de l’utopique abbaye de Thélème dans Gargantua. D’ailleurs, c’est ainsi qu’il baptisa la ferme qu’il avait achetée en Sicile dans les années 20 pour y accueillir ses disciples. 

Il y pratiquait et y enseignait la magie sexuelle, pratique à ses yeux un peu plus passionnante que la divination par les osselets. Mais suffisamment tapageuse pour susciter les foudres de Mussolini qui le déclara persona non grata en Italie. Gourou, dandy, anarchiste, philosophe, dépravé, astrologue, poète, alpiniste, drogué, initié, alcoolique… … Il est impossible de résumer la vie, ou plutôt les vies d’Alistair Crowley, autoproclamé « Bête de l’Apocalypse 666 », souvenir de son père qui horrifié par ses bêtises l’avait surnommé enfant « The Beast ».

Né en 1875 dans une famille protestante, il abjura sa foi chrétienne à l’adolescence et se plongea dans la littérature hermétique, alchimique et magique. Il fût initié dans les principales sociétés occultes d’une époque qui n’en manquait pas et laissa dans chacune d’elle une empreinte indélébile. Personnage très public malgré son goût des sociétés secrètes, un journal anglais l’avait surnommé « l’homme le plus pervers qui ait jamais vécu ». Vraies ou fausses, les histoires les plus ahurissantes circulent sur son compte. Accusé à tort de sympathie pour le nazisme, on raconte qu’il a été enrôlé par les services secrets britanniques pour combattre « magiquement » Hitler. La cérémonie qu’il aurait organisée en 1940 serait la cause de la défection de Rudolf Hess, toujours sujette à controverse à ce jour. Et certains assurent qu’il aurait imaginé le V de la victoire popularisé par la BBC et brandi par Churchill.

Personnage provocateur et complexe, c’était aussi à sa manière, un véritable mystique -beaucoup de ses disciples l’ont confirmé- et un écrivain de talent comme le disait Peaches Geldfof. La jeune femme a été séduite au point de s’être fait tatouer OTO, acronyme d’Ordo Templi Orientis, l’une des sociétés secrètes dont il a été le membre le plus influent.

 
Le tatouage sur l'avant bras de Peaches, OTO, pour Templi Orientis.

A l’instar de Peaches, des dizaines de milliers de personnes de par le monde se disent encore ses adeptes. Avec son Livre des Ombres, co-écrit avec Gerald Brosseau Gardner, il est considéré comme l’inspirateur du Wicca, la sorcellerie New Age en plein essor aux Etats-Unis. Les Beatles (Crowley figure sur la pochette de « Sergent Pepper Lonely Heart »), Frank Zappa, Jimmy Page et Timothy Leary n’ont jamais caché leur admiration pour le mage.

L’intérêt de Peaches Geldof pour Aleistair Crowley n’est donc pas la marque d’un esprit déséquilibré comme le suggère déjà la presse anglaise mais plutôt le signe d’une intelligence curieuse. Et assez anticonformiste.

David Ramasseul

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