samedi 19 juillet 2014

Merci à « Bonhomme à lunettes », l'opticien nomade

Aujourd'hui la Jérusalem des Terres Froides fait dans la « plogue ». C'est que son responsable a eut l'occasion d'économiser énormément sur l'achat de ses lunettes grâce à un organisme communautaire dévoué, le Bonhomme à lunettes. Le 10 juillet dernier, un article a paru dans la réplique quebecorienne au quotidien gratuit Metro sur l'organisme et son fondateur, Philippe Rochette (que l'auteur de ces lignes a rencontré).

Anecdote personnelle : Lorsque votre serviteur s'est fait expliqué par l'équipe d'opticiens comment ça fonctionne, ils ont dit qu'il faut d'abord aller chercher une ordonnance, une prescription pour des lunettes chez l'optométriste et de revenir les voir avec le papier en question. La question a été demandé : « Ça ne va pas le faire chier, l'optométriste, de se faire dire qu'on ne prendra pas ses lunettes chez lui ? » et la réponse fut : « Bien sûr que ça le fera chier mais tant qu'ils (les optométristes) vont chercher à nous imposer la lunetterie de luxe, les gens iront voir ailleurs ».

Fort de ce constat, votre aimable correspondant va chercher sa prescription chez un optométriste près de chez lui. Le nom de ce professionnel ne sera pas mentionné, la seule précision sera qu'il est un indépendant, il ne fait pas partie d'une grosse chaîne connue. Dès le début des tests visuels, il voulait savoir si votre serviteur allait acheter ses lunettes chez lui. La réponse fut évitée sur le coup. Quand est arrivé l'instant fatidique, à la toute-fin de la consultation, l'homme en sarrau ne s'est pas fait dire « non » d'emblée mais il a vu le tract du Bonhomme à lunettes. Notre optométriste, visiblement, le connaissait déjà et il est passé un peu au rouge dans son visage à la seule vu du papier. Puis le responsable de la JTF a eu droit à un petit « speach » sur les risques de faire appel à un organisme du genre, sur le fait « qu'il (Bonhomme) ne peut garantir les lunettes comme peut le faire un optométriste confirmé », « qu'il y a un important risque d'erreur » et que l'optométriste peut offrir toute une gamme d'options que ne pourrait pas le « généraliste ». Mais notre diplômé d'optométrie a commis une grave erreur aux yeux de l'auteur de ces lignes : il a cherché à lui faire de la vente sous pression. Il est vrai qu'une des offres de notre homme était un peu plus intéressante que les autres, mais il a enchaîné avec des « il faudra que tu te dépêche, cette offre est d'une durée limitée », « il te faudra choisir avant la fin du mois si tu es intéressé car la promotion s'achève là », et autres trucs du même genre. Sauf qu'avec votre serviteur, ce genre de vente sous pression est toujours très mal accepté. Pire, c'est un véritable affront personnel (d'où le récit de cette anecdote personnelle sur ce site).

Fort de la paperasse nécessaire, le Bonhomme à lunette a pu fournir à votre correspondant une paire de lunette qui lui convient tout-à-fait, avec une monture à la fois légère et solide, pour une fraction du prix demandé par notre « diplômé vendeux de lunette Ray-Ban » cité plus haut. L'anecdote fut racontée à Philippe Rochette qui a répondu que cela ne le surprenait pas du tout.

Étant redevable à l'équipe de l' « Opticien nomade », c'est avec joie que l' « équipe » de la Jérusalem des Terres Froides reproduit ici l'article du média quebecorien (pour une fois qu'un de ses articles n'est pas de la merde de propagande !).


---L'Opticien nomade---


Par Améli Pineda
Paru dans le quotidien gratuit 24H à la page 24
Le 10 juillet 2014


Après avoir pratiqué dans des lunetteries conventionnelles, Philippe Rochette constate que bien voir est devenu un luxe. L'opticien de formation décide donc de devenir son propre patron en 2007 et d'offrir aux moins fortunés la possibilité de se procurer des lunettes de qualité à petit prix en se promenant d'un centre communautaire à l'autre. En 2007, après une année très mouvementée sur le plan personnel, Philippe décide de lancer son projet.

« La vue est un besoin de base et c'est important que tous, quelle que soit leur situation financière, puisse bénéficier d'une bonne vision sans avoir à débourser des centaines de dollars pour une paire de lunettes », explique Philippe, connu comme le Bonhomme à lunettes.

Il s'installe, avec ses « valises à lunettes », dans le hall d'entrée du YMCA dans Hochelaga un après-midi par semaine et rapidement le bouche-à-oreille fait son effet.

Ainsi, depuis ce jour, il se promène partout en ville, à la rencontre de ceux qui ont besoin de nouveaux verres. Assistés sociaux, itinérants, intervenants et bénévoles, tous sont accueillis par l'équipe du Bonhomme à lunettes.

« Il y a des situations plus difficiles, lorsqu'on doit interagir avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale par exemple, ça nous demande de revoir notre approche, mais c'est la beauté du service, d'être là où les gens ont besoin de nous », dit M. Rochette.

Le concept de la petite entreprise est simple, les montures sont toutes à un prix fixe de 69 $ soit 20 $ de plus que la somme remboursée par l'aide sociale.

Pour chaque paire de lunettes vendues, 10 $ sont remis à un organisme communautaire choisi par le client parmi une liste de plus d'une cinquantaine d'organismes. « C'est ma façon d'être conséquent avec le service que j'offre. Mon équipe et moi gagnons très bien notre vie. Même en vendant mes lunettes à ce prix, ma marge de profit me permet de bien vivre », fait savoir M. Rochette.

Aujourd'hui, Philippe Rochette et son équipe n'ont plus à faire ;eur réputation dans le milieu communautaire. Avec 31 points de service, l'opticien nomade dessert non seulement l'île de Montréal, mais également la Rive-Sud et la Rive-Nord. « Les gens m'ont vu évoluer et j'ai pu gagner leur confiance. J'ai grandi par accident parce que lorsque j'ai décidé de prendre de l'expansion c'était parce que je n'avais pas le choix, la demande était là », explique-t-il.

Son choix de montures est impressionnant et beaucoup sont surpris devant certains modèles offerts près du double du prix en succursale.

« Je n'ai jamais fait de publicité pour mon service parce que mon but est justement éviter le "fla-fla" qui justifie qu'on vende des lunettes à un prix plus élevé », mentionne-t-il.

Vous avez besoin de lui ?

L'équipe du Bonhomme à lunettes compte cinq opticiens qui sillonnent la grande région de Montréal du lundi au vendredi. Pour connaître les horaires et trajets, on se rend sur le site internet www.bonhommealunettes.org. Le Bonhomme à lunettes fera une pause estivale du 2 au 24 août inclusivement.

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