mercredi 14 janvier 2015

Interdiction de la « sorcellerie » en Tanzanie pour protéger les albinos

Ceux qui suivent régulièrement le fil de ce blog connaissent l'intérêt de la maison pour les faits divers paraissant dans la presse mainstream sur les histoires de « sorcellerie », ce mot fourre-tout vide de sens justifiant n'importe quoi comme à présent le mot « terroriste ». Mais aujourd'hui, ce n'est pas qu'une petite affaire : l'État tanzanien a décidé de sévir contre une superstition particulièrement cruelle, la croyance que les organes d'albinos sont magiques et peuvent être utilisés pour des guérisons miraculeuses, justifiant des meurtres sordides. La Jérusalem des Terres Froides soutien résolument le gouvernement tanzanien dans sa résolution et elle salut la nuance apportée par le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Isaac Nantanga, lorsqu'il parle des « prétendus sorciers » qui s'adonnent à cette infâmie.

Étant donné que la nouvelle a été lancée par l'agence mondialiste France-Presse, elle a été reprise dans de nombreuses publications francophones d'Afrique et d'Occident. La JTF en reprend quatre ici :


---Tanzanie : Le gouvernement interdit la sorcellerie pour protéger les albinos---


Paru sur Koaci.com
Le 14 janvier 2015


Les autorités tanzaniennes ont décidé d’interdire la sorcellerie dans le pays afin de protéger les albinos, victimes de croyances attribuant des vertus magiques à leurs organes,, a-t-on appris

Le gouvernement a annoncé mardi le lancement d’ une opération "En finir avec les meurtres d'albinos" pour tenter d'enrayer les multiples assassinats, notamment d'enfants atteint d’albinisme.

« Ces prétendus sorciers ont une part de responsabilité dans les agressions contre les albinos", a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Isaac Nantanga.

Cette opération intervient après l’enlèvement d’une fillette albinos de 2 ans au village de Kwimba au Nord de la Tanzanie où au moins 15 suspects dont trois membres de sa famille avaient été arrêtés par la police.

Dans les régions frontalières entre la Tanzanie et le Burundi, les croyances occultes restent vivaces.


---La Tanzanie interdit la sorcellerie pour protéger les albinos---


Par Ephrem Rugiririza pour l'Agence France-Presse
Paru dans le Journal de Montréal
Le 14 janvier 2015


ARUSHA - Le gouvernement tanzanien a décidé d'interdire la pratique de la sorcellerie pour endiguer les attaques contre les albinos, victimes de croyances qui attribuent des vertus magiques à leurs organes. 

«La décision a été annoncée hier (mardi). Ces prétendus sorciers ont une part de responsabilité dans les agressions contre les albinos», a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur tanzanien, Isaac Nantanga.

L'interdiction ne vise pas les guérisseurs traditionnels qui utilisent notamment les plantes pour soigner leurs patients. Elle s'accompagnera d'une vaste campagne de communication à travers le pays.

Intitulée En finir avec les meurtres d'albinos, la campagne devrait sensibiliser la population mais aussi aider à recueillir des informations pour éviter les enlèvements ou les meurtres, et enquêter sur des attaques.

La campagne, qui doit débuter dans deux semaines dans les régions septentrionales de Mwanza, Geita, Tabora, Simiyu et Shinyanga, les plus touchées, passera par la création d'une force d'intervention associant policiers, autorités locales et membres de la Société tanzanienne des albinos (Tanzania Albino Society–TAS).

«Nous voulons nous attaquer aux enlèvements et aux meurtres d'albinos une fois pour toutes», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Mathias Chikawe. «Nous sommes contre ceux qui trompent la population en leur disant qu'ils deviendront riches par enchantement, contre les diseurs de bonne aventure et tous ceux qui distribuent des talismans».

La décision d'interdiction intervient après l’enlèvement, fin décembre, d’une fillette albinos de quatre ans portée disparue depuis.

La petite victime, Pendo Emmanuelle Nundi, a été enlevée le soir du 27 décembre dans le district de Kwimba par des inconnus armés de machettes qui avaient auparavant neutralisé son père.

Quinze suspects, dont son père et deux de ses oncles, ont été arrêtés. Promettant l'aide de l'ONU, le coordinateur des Nations unies dans le pays, Alvaro Rodriguez, a demandé aux autorités tanzaniennes de faire de cette affaire «la plus haute priorité». 

Un problème régional

En août, quatre albinos au moins avaient déjà été victimes d'agressions en moins de deux semaines en Tanzanie. Depuis 2000, l'ONU estime même que plus de 70 albinos ont été tués dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Le problème dépasse cependant les frontières tanzaniennes.

Dans d'autres pays de la région, comme le Burundi, les albinos sont victimes de ces superstitions qui attribuent des vertus magiques à leurs organes, parfois utilisés par des sorciers et par des guérisseurs.
Mercredi matin, un député kényan, albinos, a estimé que son pays était lui aussi touché.

S'exprimant sur la BBC, Isaac Mwaura a ainsi expliqué que des gangs venus de Tanzanie traversaient la frontière pour venir kidnapper des albinos jusqu'en territoire kényan. Selon lui, le phénomène s'est accentué à l'approche des élections législatives et présidentielle tanzaniennes prévues en octobre.

«Il y a clairement des gens en politique qui recherchent ce genre de concoctions», a-t-il estimé, en référence aux potions préparées par les guérisseurs. «Les gens sont prêts à tuer des albinos parce qu'ils pensent que cela leur portera bonheur».

«Le problème est maintenant devenu un problème régional parce que la Tanzanie n'a pas pris de mesures suffisamment fortes pour l'endiguer», a-t-il encore jugé sur les ondes de la radio.

L'interdiction décrétée par le gouvernement est selon lui un pas dans la bonne direction, mais qui reste encore insuffisant.

Alfred Kapole, président de la TAS pour la région de Mwanza, estime lui aussi que cette mesure est la bienvenue. Mais la campagne qui sera lancée dans deux semaines doit faire participer tout le monde -- et pas seulement des officiels venus de Dar es-Salaam -- pour être efficace.

D'autant que jusqu'ici, estime-t-il lui aussi, les autorités tanzaniennes n'ont pas assez pris le «problème au sérieux».


Ephrem Rugiririza


---La Tanzanie veut en finir avec le meurtre des albinos---


Paru sur le site du journal Le Monde
Le 14 janvier 2015


C’est une décision forte du gouvernement tanzanien qui pourrait inspirer le continent. Afin de protéger les albinos victimes d’attaques, Dodoma vient d’interdire la sorcellerie. Car les albinos sont au cœur de croyances qui leur prêtent des vertus magiques et rendent donc leurs organes particulièrement prisés.

« Ces prétendus sorciers ont une part de responsabilité dans les agressions contre les albinos », a expliqué le porte-parole du ministère de l’intérieur, Isaac Nantanga, à l’Agence France-Presse. Le ministre de l’intérieur, Mathias Chikawe, est à l’œuvre quant aux derniers préparatifs du lancement d’une opération spéciale, « En finir avec les meurtres d’albinos », menée par la police avec l’aide des autorités locales et de membres de la Société tanzanienne des albinos. « Nous voulons en finir avec les meurtres d’albinos, l’opération passera partout, des mesures seront prises contre tous les suspects, et le procureur général accordera la priorité à ces affaires », a martelé le ministre Chikawe, cité par le blog Michuzi, publié en swahili.

Fin décembre, une fillette albinos âgée de 4 ans est portée disparue. Elle a en fait été enlevée par des inconnus armés de machettes qui avaient auparavant neutralisé son père. Quinze suspects, dont son père et deux de ses oncles, ont été arrêtés. Le coordinateur des organisations du système des Nations unies en Tanzanie, Alvaro Rodriguez, a demandé aux autorités tanzaniennes de faire de cette affaire « la plus haute priorité » et a promis l’aide de l’Organisation des nations unies (ONU).

Depuis 2000, plus de 70 albinos ont été tués dans ce pays d’Afrique de l’Est, selon l’ONU. Les albinos sont victimes dans la région de superstitions entretenues par des sorciers et par des guérisseurs. Et des croyances populaires qui leur attribuent parfois des pouvoirs maléfiques.


---Tanzanie : la sorcellerie interdite pour protéger les albinos---


Par Blaise Akame
Le 14 janvier 2015


Depuis quelques mois, l’on note une recrudescence des enlèvements d’albinos en Tanzanie. Soucieux de leur protection, le gouvernement tanzanien vient de prendre un décret interdisant formellement la pratique de la sorcellerie sous toutes ses formes.

Cette décision des autorités tanzaniennes intervient après l’enlèvement en fin décembre dernier, d’une fillette albinos de 4 ans, toujours portée disparue.

La petite victime, Pendo Emmanuelle Nundi, a été enlevée le soir du 27 décembre dans le district de Kwimba (province de Mwanza) par des inconnus armés de machettes qui avaient auparavant neutralisé son père.

Quinze suspects, dont son père et deux de ses oncles, ont été arrêtés.

Cette mesure vise donc à protéger les albinos des croyances attribuant des vertus magiques à leurs organes. 

« Ces prétendus sorciers ont une part de responsabilité dans les agressions contre les albinos », a indiqué Isaac Nantanga, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Pour ce faire, le ministre de l’Intérieur Mathias Chikawe, a annoncé une opération spéciale dénommée « En finir avec les meurtres d’albinos ».

L’opération sera menée par la police et avec l’aide des autorités locales et des membres de la Société tanzanienne des albinos (Tanzania Albino Society-TAS), pour cibler les provinces les plus touchées. 


« Nous voulons en finir avec les meurtres d’albinos, l’opération passera partout, des mesures seront prises contre tous les suspects et le procureur général accordera la priorité à ces affaires », a déclaré le ministre Chikawe.

Selon les chiffres avancés par l’ONU, de l’an 2000 à ce jour, plus de 70 albinos ont été tués dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Mwanza, Geita, Tabora,Simiyu et Shinyanga, dans le nord, sont les contrées les plus concernées par cette atrocité envers les albinos, mais aussi pour les meurtres de personnes âgées soupçonnées d’être des jeteuses de mauvais sort.

En août dernier 2014, au moins 4 albinos avaient été victimes d’agressions en moins de deux semaines en Tanzanie.


Blaise Akame


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